Affaire Mawda: le policier auteur du coup de feu inculpé pour homicide involontaire

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Affaire Mawda: le policier auteur du coup de feu inculpé pour homicide involontaire
Belga

Nouvel élément dans l’affaire Mawda. Le policier auteur du coup de feu qui a mortellement atteint la petite Mawda le 17 mai 2018 a été inculpé pour homicide involontaire, a appris Le Soir auprès du parquet général de Mons, confirmant les informations de la RTBF. Cette inculpation remonte au 18 décembre dernier.

Cette inculpation est le signe que l’instruction touche bientôt à sa fin. Le dossier va prochainement être renvoyé au parquet montois, qui va procéder à des réquisitions. Le procès devrait se tenir cette année. « Cette affaire est considérée comme prioritaire par mon office », martèle le procureur général de Mons, Ignacio De La Serna.

Deux autres personnes sont inculpées dans le volet de l’enquête relatif à la course-poursuite et la mort de la fillette. Il s’agit du chauffeur présumé, un Irakien arrêté en Grande-Bretagne, et du passeur présumé, arrêté lui aux Pays-Bas.

Tous deux ont été extradés vers la Belgique et placés sous mandat d’arrêt par la juge d’instruction. Ils sont inculpés pour entrave méchante à la circulation avec la circonstance que cela a provoqué la mort de Mawda, et pour rébellion avec arme (le véhicule étant considéré en droit comme une arme par destination).

Une seconde enquête, menée de son côté par le parquet fédéral, concerne le trafic d’êtres humains.

Affaire Mawda: pour l’avocat du policier, l’inculpation est «un non-événement»

Par Louis Colart

Laurent Kennes est l’avocat du policier montois inculpé récemment pour l’«
homicide involontaire
» de Mawda le 17 mai 2018.
Laurent Kennes est l’avocat du policier montois inculpé récemment pour l’« homicide involontaire » de Mawda le 17 mai 2018.

Pour Laurent Kennes, l’avocat du policier montois dont le tir a tué la petite Mawda, l’inculpation de son client pour «homicide involontaire» est un « non-événement ». « La seule chose que cela change, c’est que le juge d’instruction impose des poursuites au parquet. C’est l’occasion de dire que l’inculpation n’a plus aucun sens dans notre système judiciaire. À partir du moment où on est entendu comme suspect, on a déjà les mêmes droits qu’un inculpé. Sauf à considérer que le juge d’instruction, qui est tenu au devoir d’impartialité, a le droit de dire “j’estime que vous êtes déjà un peu coupable”. Ça ne va pas, un juge d’instruction ne peut pas dire que quelqu’un est coupable. C’est une aberration, cette inculpation. » Il ajoute : « Qu’on ait attendu [pour l’inculper] la première expertise technique pour voir si son tir était à l’origine de la blessure et du décès de Mawda, je peux l’entendre. Mais ça, c’était il y a bien longtemps. La reconstitution et autres actes d’enquête n’ont rien apporté par rapport à ce geste. Mon client n’a jamais nié avoir tiré. » L’avocat du policier insiste : il n’y a pas de nouvel élément au dossier motivant cette inculpation en fin d’instruction. « Tout le monde sait, à travers le dossier, que le policier n’a jamais visé cette pauvre enfant. Mais on sait que c’est parce qu’il a voulu tirer dans le pneu, ce qu’il dit depuis le départ. La seule question est : était-il opportun de tirer dans les pneus, ou pas ? Point barre. » Laurent Kennes met notamment en cause la qualité des formations des policiers, au tir et aux courses-poursuites. « Mon client s’est senti très seul le jour où il a sorti son arme. »

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