Pédocriminalité dans l’Eglise: le cardinal Barbarin relaxé en appel pour ses silences. Il représentera sa démission au pape

Philippe Barbarin lors de son procès en novembre 2016.
Philippe Barbarin lors de son procès en novembre 2016. - AFP

La Cour d’appel de Lyon a relaxé jeudi le cardinal Philippe Barbarin, jugé pour ses silences sur les abus sexuels passés d’un ex-prêtre du diocèse.

En mars 2019, le tribunal correctionnel avait condamné l’archevêque de 69 ans à six mois de prison avec sursis pour ne pas avoir dénoncé à la justice les agressions sexuelles commises par Bernard Preynat sur de jeunes scouts entre 1971 et 1991.

« Cette injustice est aujourd’hui réparée (…) le cardinal Barbarin est innocent », s’est félicité l’un de ses avocats, Me Jean-Félix Luciani, après le rendu de l’arrêt de la cour d’appel. En première instance, les juges avaient estimé qu’en ne dénonçant pas à la justice les actes qui lui avaient été rapportés par une victime en 2014, Philippe Barbarin avait choisi de « préserver l’institution ».

Demandé pardon lors d’une messe

Le Primat des Gaules en titre, dont le pape a refusé la démission, avait immédiatement interjeté appel, ne s’estimant pas coupable devant la justice des hommes – il avait en revanche demandé « pardon pour (ses) propres fautes » lors d’une messe. « Je n’ai jamais cherché à cacher, encore moins à couvrir ces faits horribles », a toujours dit le prélat, tandis que les victimes dénonçaient une « omerta » dictée par le Vatican.

Lors du procès en appel fin novembre, l’avocat général Joël Sollier avait réclamé la relaxe, dissociant le « cas individuel » du cardinal Barbarin et les « fautes morales et pénales » commises par l’Église face à la pédocriminalité dans ses rangs.

«De nouveau, je vais remettre ma charge d’archevêque de Lyon entre les mains du pape François», a annoncé l’archevêque devant la presse, estimant que sa relaxe permettait «d’ouvrir un nouveau chapitre pour l’Eglise de Lyon». Le pape avait refusé qu’il démissionne en mars dernier, après sa condamnation en première instance, dans l’attente de la décision de la cour d’appel.

 
 
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