Primaires démocrates: à cause d’un problème technique, les résultats se font attendre

Primaires démocrates: à cause d’un problème technique, les résultats se font attendre

Les démocrates américains ont promis de publier mardi après-midi des résultats partiels et très tardifs de la première échéance des primaires présidentielles tenue la veille dans l’Iowa, espérant mettre fin à l’incompréhension causée par un embarrassant problème technique.

En l’absence des données officielles, les candidats Bernie Sanders et Pete Buttigieg revendiquent chacun la victoire devant Joe Biden dans ce scrutin local. Le président Donald Trump a jubilé face au chaos dans le parti qui espère l’expulser de la Maison Blanche en novembre, tweetant que le spectacle illustrait l’« incompétence » de ses adversaires.

Mais la débâcle informatique dépasse le seul cadre politique, nombre d’élus et d’experts en élections et en cybersécurité s’inquiétant de voir une nouvelle fois la fiabilité du processus électoral américain ébranlée par un mélange de dysfonctionnements et d’amateurisme.

Le parti démocrate de l’Iowa a promis que les résultats de « la majorité » des 1.700 bureaux de vote seraient rendus publics mardi à 22H00 GMT (soit 23h00 heure belge), 21 heures après le début des « caucus », ces assemblées d’électeurs où les gens se regroupent par candidat au lieu de voter par bulletins, un système complexe critiqué depuis des années mais qui fait la fierté des traditionalistes locaux.

Un bug dans l’application utilisée par le parti, développé par une société nommée Shadow, aurait provoqué un comptage partiel des voix, mais les explications au compte-gouttes des responsables locaux ont suscité la colère des candidats.

Le camp Trump s’est engouffré dans la brèche en insinuant que le retard cachait une tricherie.

« Ce chaos a créé un environnement propice à la désinformation en ligne, ce qui sape encore plus la confiance dans le processus démocratique », a aussi vivement critiqué le sénateur démocrate Mark Warner, qui s’occupe d’espionnage et de renseignement au Sénat. « Des acteurs étrangers comme la Russie et la Chine n’hésiteront pas à faire prospérer ce type de contenus pour aggraver la discorde nationale et la défiance envers nos élections ».

Le problème est effectivement technique et non une cyberattaque, selon le secrétaire à la Sécurité intérieure par intérim, Chad Wolf. Mais « cela affecte vraiment la confiance des gens dans nos élections », a-t-il dit, en révélant que le parti démocrate de l’Iowa avait refusé que l’agence de cybersécurité du gouvernement américain teste l’application.

Politiquement, l’absence de vainqueur officiel gâche le coup d’envoi des primaires, dans lequel certains candidats ont investi un temps et des budgets considérables, depuis un an ou plus.

Le vainqueur de l’Iowa apparaît d’ordinaire triomphant en une des journaux le lendemain, et s’en sert comme d’un tremplin vers les scrutins suivants, à commencer par le New Hampshire, qui votera le 11 février lors d’une élection primaire, organisée cette fois par les autorités de l’Etat comme un scrutin normal.

Se fondant sur ses propres estimations, le sénateur Bernie Sanders, champion de l’aile gauche, a revendiqué la victoire lundi, devant le trentenaire modéré Pete Buttigieg, un ancien maire d’une petite ville de l’Indiana surgi de nulle part l’an dernier.

Pete Buttigieg, 38 ans, a quant à lui affirmé avoir engrangé une « nette victoire », sur la base de ses propres chiffres, mais sans explicitement dire s’il pensait avoir battu Bernie Sanders ou seulement avoir dépassé les attentes.

Le trentenaire, premier candidat ouvertement gay à ce niveau du jeu politique, veut reprendre à l’ancien vice-président de Barack Obama, Joe Biden, le flambeau de l’aile modérée, et espère que son bon score rassurera ceux qui doutent de lui en raison de sa jeunesse.

Le fiasco a atténué ce qui autrement aurait été l’un des chocs du vote : Joe Biden serait largement battu, selon les résultats de quelques grands bureaux de vote et l’estimation publiée par le camp Sanders, qui le montre quatrième derrière Elizabeth Warren, sénatrice progressiste, et juste devant Amy Klobuchar, une modérée.

Une porte-parole de Joe Biden a fait part de sa « réelle préoccupation » mardi quant à l’intégrité des résultats, insinuant qu’ils puissent être contestés.

L’Iowa défend fièrement son système des « caucus », vanté comme un exercice de démocratie pure, mais où la participation est relativement faible. Tous les quatre ans, des critiques se lèvent aussi contre l’importance disproportionnée accordée à ce petit Etat agricole et ses quelques centaines de milliers d’électeurs, non représentatifs du pays, mais l’Etat a maintenu contre vents et marées sa place de premier.

 
 
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