Selon Human Rights Watch, la riposte de la Chine a «aggravé l’épidémie»

Selon Human Rights Watch, la riposte de la Chine a «aggravé l’épidémie»
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L’ONG Human Rights Watch (HRW) a accusé jeudi Pékin de faire taire les critiques sur la riposte chinoise à l’épidémie de pneumonie virale, estimant que cette attitude ne faisait qu’aggraver la propagation de la maladie qui a déjà fait plus de 560 morts.

« Il y a eu de gros problèmes dans la riposte de la Chine au coronavirus qui ont aggravé l’épidémie », a déclaré le directeur de HRW, Kenneth Roth, à la presse à Genève, en critiquant notamment les mises en quarantaine massives. Il a en particulier dénoncé l’« élimination » de rapports sur le virus en Chine au cours des premiers jours de l’épidémie, ainsi que les efforts de Pékin pour faire taire les critiques à son encontre sur les médias sociaux.

« Il n’y a pas de place pour le secret dans la lutte contre une épidémie », a affirmé M. Roth, qui en janvier a été interdit d’entrée à Hong Kong où il devait présenter le rapport annuel de l’ONG de défense des droits de l’Homme.

« L’heure est à la transparence totale »

« L’heure est à la transparence totale, même si elle est embarrassante, car la santé publique doit passer avant la préservation d’un pouvoir politique particulier. Malheureusement, ce n’est pas l’approche de Pékin », a-t-il dit.

Le nouveau virus appartient à la même famille que celui du Sras (syndrome respiratoire aigu sévère) – lequel fut responsable de 800 morts en 2002-2003, dont la grande majorité en Chine.

Plus de 28.000 personnes sont désormais atteintes du nouveau coronavirus à travers la Chine où un nombre croissant de villes imposent à des dizaines de millions d’habitants des mesures drastiques de confinement, comme à Wuhan, épicentre de l’épidémie. Selon M. Roth, « ce type de quarantaine ne fonctionne généralement pas ». « Les quarantaines que préconisent les responsables de la santé publique sont beaucoup plus ciblées. Elles visent les personnes qui ont été identifiées comme étant porteuses du virus », a-t-il déclaré.

« D’énormes lacunes »

« Les gens ont besoin d’être nourris, logés, soignés et il y a d’énormes lacunes dans la réponse du gouvernement chinois face à ces besoins individuels », a-t-il insisté.

Fin janvier, la Cour suprême chinoise a publié un article inhabituellement critique envers la police, dont le zèle à traquer les « rumeurs » aurait retardé la sensibilisation de la population à la nouvelle maladie. La police de Wuhan y était épinglée pour avoir interpellé huit personnes accusées d’avoir parlé d’une épidémie de Sras au lendemain du signalement des premiers cas de nouveau coronavirus par Pékin à l’OMS.

La Cour a estimé utile le fait d’alerter de bonne foi sur l’apparition d’une nouvelle maladie, même s’il y avait eu dans ce cas une erreur sur le nom précis du virus. Les autorités de Wuhan ont par ailleurs été critiquées pour avoir dissimulé des informations sur l’épidémie à son apparition. Le gouvernement chinois a admis en début de semaine des « insuffisances » et des « difficultés » dans sa réaction à la crise sanitaire.

 
 
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