Une facturation suspecte de 906.000 euros: Valérie Dardenne, une proche de Moreau, visée par une instruction

Une facturation suspecte de 906.000 euros: Valérie Dardenne, une proche de Moreau, visée par une instruction

Le 22 janvier, des enquêteurs de l’Office central de la répression de la corruption (OCRC) ont perquisitionné le domicile de Valérie Dardenne en région namuroise, une maison à Esneux ainsi que les bureaux anversois d’Urban Living Belgium, héritière de Land Invest Group (LIG). Jusqu’au printemps 2018, Land Invest était détenue à 50 % par le fonds de pension liégeois Ogeo, dont Stéphane Moreau fut dix ans durant (jusque juin 2017) l’administrateur-délégué.

Âgée de 44 ans, Valérie Dardenne, alors architecte communale, avait rencontré Stéphane Moreau à Ans au début des années 2000, lorsque celui-ci était échevin de l’Urbanisme. Elle avait, les années suivantes, rejoint le secteur privé, héritant de chantiers tantôt liés à la commune d’Ans, tantôt à Ogeo et Land Invest.

Rémunération extravagante

C’est à la filiale opérationnelle de cette dernière, Land Invest Project Management, que Valérie Dardenne a facturé, révélaient il y a tout juste un an nos confrères du Vif et d’Apache, 906.267,62 euros entre 2014 et 2017. L’essentiel de cette somme, précisaient les deux médias, était motivé par les « conseils stratégiques » que Mme Dardenne fournissait au comité de direction de LIG. Lequel se réunissait une fois par semaine durant deux heures maximum à Anvers. Un peu moins de 50.000 euros ont aussi été facturés en son titre d’administratrice de LIG et 59.772 euros en tant qu’architecte, pour tracer les plans d’un projet immobilier dans le quartier de Cointe, sur les hauteurs de Liège. A la fois administratrice du promoteur et sous-traitante : un don d’ubiquité qui a toutes les apparences d’un conflit d’intérêts.

Mais pour l’heure, ce sont surtout les extravagantes rémunérations de cette proche de Stéphane Moreau qui intriguent les enquêteurs et le juge d’instruction liégeois Frédéric Frenay : étaient-elles la juste contrepartie de réelles prestations ou au contraire, l’injustifiable accompagnement d’un emploi quasi-fictif ? Et comment expliquer que cette architecte, qui selon plusieurs témoins ne maîtrise pas le néerlandais, ait été nommée au comité de direction d’une entreprise anversoise dirigée par des néerlandophones ?

Jeff Cavens (Triple Living), un des repreneurs de LIG, confirme la perquisition du 22 janvier, précisant que « la période visée par les enquêteurs remonte à avant l’acquisition de Land Invest » et que « toute assistance » est réservée aux services judiciaires.

Aucune des autres personnes concernées par ce dossier n’a souhaité réagir.

 
 
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