Des sacs pour faire son «plogging»

Des sacs pour faire son «plogging»

Running, trail, marche, vélo... Lionel van Eldom pratique tous ces sports à haute dose et à haut niveau. Habitant à Malmedy, il dispose d'un sacré terrain de jeu : les Hautes Fagnes. Et cette nature XXL, ce trentenaire est particulièrement conscientisé à la protéger. Au point de vouloir apporter sa petite pierre concrète. «Je voyais de plus en plus de déchets jetés dans les bois, notamment lors de compétitions sportives. J'avais vraiment envie de m'insurger. C'est de là que m'est venue une idée au début 2016.» A savoir ? Concevoir un sac que l'on porterait sur soi, qui ne gênerait pas les mouvements, et qui permettrait d'empiler tous les déchets récoltés sur les chemins : canettes, emballages, plastiques, etc.

Une communauté d'éco-joggeurs

«Ce sac devait aussi susciter la formation d'une communauté de joggeurs éco-responsables. Comme l'ont fait ces coureurs suédois qui se sont fait connaître avec le plogging. On s'est d'ailleurs rencontrés (photo). On partage les mêmes valeurs. Eux ont formalisé leur démarche vers la fin 2016. Moi, j'avais déjà dessiné mon sac avant.» Précision : le terme «plogging» est le très improbable mariage entre «plocka upp», qui signifie ramasser en suédois, et «jogging». A côté de son métier, Lionel imagine donc de A à Z un équipement. Celui-ci se compose d'un harnais et d'un poche abdominale dans laquelle placer les détritus. Elle est détachable et lavable. Le sac peut aussi emporter différents accessoires : papiers, clefs, smartphone, mini gourdes, etc. L'ensemble pèse 200 grammes. Il est fait en matières récupérées. «Il s'agit de chutes de production que nous récoltons auprès d'entreprises : Beach Flags (NDLR: drapeaux verticaux), bâches publicitaires, voiles maritimes, EPDM (caoutchouc synthétique). C'était une volonté dès le départ : s'inscrire dans une économie circulaire».

 

Deux modèles supplémentaires

La mise au point dure près d'un an et demi. Une filière de production est ensuite montée. La confection est assurée par une entreprise de travail adaptée : Alteria à Colofontaine. Le sac s'appelle le Can-Guru (65 euros). Un jeu de mots en fait. «Can» pour canettes en anglais. «Guru» pour kangourou, car le marsupial à poche ventrale. Le Can-Guru est commercialisé depuis deux ans déjà (sur le site internet et dans les magasins TraKKs). «Les ventes ont démarré lentement. Aujourd'hui, elles progressent de façon constante, tous les mois. La sauce commence à prendre. Cette activité nous prend d'ailleurs de plus en plus de temps à moi, à ma compagne et à ma petite équipe de collaborateurs.» Au début 2019, sortiront deux nouveaux modèles. L'un sera plus grand, pour contenir davantage de déchets (43 euros). Pour ploggeurs intensifs. L'autre sera adapté aux marcheurs et aux promeneurs (21 euros).

 

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