«Les jeunes entrepreneurs sont très orientés client»

«Les jeunes entrepreneurs sont très orientés client»

Des entrepreneurs qui ont moins de trente ans et qui ont un projet innovant en tête, les responsables d'Innovatech en rencontrent régulièrement. Même si leur nombre reste modeste : environ 10% de l'ensemble des sollicitations que cet organisme spécialisé dans le coaching en innovation pour les PME wallonnes reçoit. Cela fait une vingtaine de startupers par an. «On les aide pour des choses très diverses» explique la chargée de communication, Sarah Thielens. «Pour valider une technologie, établir un plan d'actions, expliquer la recherche de financements, etc».

La première chose qui distingue ces jeunes, c'est qu'il s'agit en général de LEURS idées. Pas celles d'un patron ou d'une société pour laquelle ils travaillent. «Ils se trouvent généralement à la base des projets. Ceux-ci consistent le plus souvent en des applications informatiques, des préparations alimentaires originales ou des objets malins du quotidien». Exemples ? Des emballages alimentaires comestibles (Do Eat), une plateforme web de conseils pour réduire ses déchets (Smogey), un jeu vidéo pour smartphone (Apocalypse Hunters), une formation à la logistique par le gaming (Drag on slide), un jardin d'intérieur pour conserver ses plantes aromatiques (4Senses)...

«A priori tous ces domaines ne réclament pas trop d'expérience ni de moyens financiers au démarrage, analyse Sarah Thielens. C'est logique, vu que ces trentenaires sont en début de carrière. Ces projets ont aussi une dimension commerciale explicite. Les membres de la génération Y semblent plus orienter «client» que leurs aînés. Par exemple, ils pensent automatiquement à l'e-commerce. Ce n'est pas le cas des PME plus anciennes. Enfin, beaucoup de leurs projets ont aussi une dimension écologique».

Ouverts aux changements mais la médaille a un revers…

Et sur la manière d'agir, y a-t-il des différences ? «On constate que ces jeunes entrepreneurs réagissent très vite aux conseils. Ils sont ouverts aux changements qu'on leur propose. Ils veulent apprendre et n'hésitent jamais à demander des informations. De la même manière, se présenter n'est pas un problème pour eux. Aujourd'hui, expliquer son projet à un partenaire ou à un investisseur, cela passe par un pitch. On voit qu'ils sont bien rodés à cet exercice. Même si, parfois, cela manque de fond...»

Car il y a un revers à cette extraversion. «Beaucoup croient maîtriser tel ou tel aspect du développement de leur produit, après une simple explication avec nos coachs. Et si quelque chose bloque, ils pensent souvent qu'ils peuvent vite trouver une solution, via des amis ou un tutoriel sur YouTube... Cependant l'innovation, c'est bien plus que cela. C'est compliqué et long. Le temps, voilà un dernier paramètre qu'ils n'intègrent pas suffisamment. C'est sans doute le principal message à retenir : l'innovation est un processus lent».

 

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