Mad Cat Studio : la coopérative leur va si bien

Mad Cat Studio : la coopérative leur va si bien

L’industrie du cinéma belge a été dopée ces dernières années par le tax shelter, qui a favorisé les coproductions de films. Le cinéma d’animation n’a pas échappé à la vague. Nombreux sont ainsi les studios étrangers à collaborer avec les studios belges, trouvant ici un incitant financier mais également des compétences réputées et appréciées.

«La réalisation d’un film nécessite l’enchaînement de toute une série de métiers de l’écriture du scénario au montage final, explique François Moens, en charge des aspects administratifs de Mad Cat Studio. Certains, comme les dessinateurs peuvent travailler quelques mois d’affilée, d’autres quelques jours. Le problème est qu’entre chaque projet, il peut s’écouler une période plus ou moins longue sans travail.»

De l’ASBL à la SCRL

Fin 2013, une bande d’amis artistes décide donc de créer une ASBL baptisée Mad Cat Studio. Son but : investir dans des projets plus personnels pour meubler ces « temps morts ». Très rapidement cependant, la structure choisie apparaît comme un frein à l'ambition de certains projets. 4 artistes, dont le réalisateur Cédric Vandresse et le metteur en scène Mathieu Collard, préfèrent opter pour une SCRL.

« Il fallait un modèle plus structuré et solide commercialement, poursuit François Moens. La coopérative s’imposait comme l’outil le plus adapté pour un travail commun. » L’asbl et les fondateurs sont les premiers copropriétaires et coopérateurs de Mad Cad Studio SCRL, qui compte aujourd’hui une vingtaine de coopérateurs parmi lesquels une moitié d’artistes.

Leur outil de production

Cette société d’intermittents permet à la fois aux artistes de travailler ailleurs et de se retrouver pour un projet commun. Mad Cat Studio est l’outil de production des coopérateurs. C’est également un bon apprentissage pour aborder et comprendre la gestion ainsi que les aspects financiers d’un projet. « Il est clair que cette structure nous permet d’affiner notre capacité de production et ainsi de nous professionnaliser, ajoute-t-il. Nous travaillons actuellement sur deux projets de courts-métrages. Ce qui est intéressant avec Mad Cat Studio c’est qu’un artiste peut venir avec un projet et nous en discutons. Comme nous ne possédons pas toutes les compétences, nous engageons en dehors. Un projet peut réunir plusieurs personnes qui sont alors salariées. »

Créativité et souplesse

La coopérative crée une dynamique, même si les processus sont parfois lents. « Nous pouvons essayer des choses, la coopérative le permet, souligne-t-il. Elle est également souple et c’est fort utile car nous évoluons dans un secteur d’activité qui n’est pas pensé pour une collectivité du type coopérative. Ainsi le droit d’auteur, par exemple, ne peut pas être perçu par une personne morale, uniquement par une personne physique. Nous avons donc décidé d’un commun accord que l’un d’entre-nous toucherait ces droits et les rétrocèderait ensuite à la société. On doit être créatif. On discute beaucoup entre nous. Il est clair que la démocratie ralentit les processus mais si on est capable de prendre les décisions, cela les consolide. »

Entreprise classique

Une coopérative reste néanmoins une entreprise classique et Mad Cat Studio ne déroge pas à la règle. C’est une boîte de production soumise aux mêmes défis que toute entreprise active dans le secteur artistique. Notamment en termes de financement. La différence se joue sur l’aspect collectif, qui est primordial et se construit chaque jour. « Nous avons remarqué que les partenaires avec qui nous avons travaillé et qui ne sont pas coopérateurs ont joué le jeu de la coopérative et se sont inscrits dans cette dynamique collective », conclut François Moens, convaincu d’un modèle qui fait des petits. Certains partenaires de Mad Cat Studio, actifs dans la musique ou le maquillage envisagent en effet sérieusement de passer en coopérative.

 

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