Besoin de cash ? Et pourquoi pas vendre vos factures ?

Besoin de cash ? Et pourquoi pas vendre vos factures ?

Les problèmes de trésorerie restent la première raison expliquant les faillites en Belgique. En cause notamment, les retards et les défauts de paiement. Fin 2017, 2 à 3 factures sur 100 n’étaient payées qu’après 90 jours, voire n’étaient pas payées du tout. C’est pire qu’au plus fort de la crise. Premières victimes évidemment : les TPE et les PME, trop fragiles pour faire face au manque de fond de roulement induit par ces comportements.

Pourtant des solutions existent pour parer à ce manque de cash flow. Parmi elles, l’affacturage, ou factoring en anglais : un intermédiaire financier (le factor) reprend les créances du fournisseur et les lui paie de manière anticipée. À charge ensuite de ce factor de se faire rembourser auprès du client. Le principe n’est pas nouveau mais, jusqu’à il y a quelques années, il s’adressait uniquement aux grosses sociétés. L’approbation du dossier pouvait prendre plusieurs semaines et surtout, elle dépendait, en grande partie, de la bonne santé financière du fournisseur. Des critères peu favorables aux PME.

Aussi pour les PME

Aujourd’hui, plus rien à voir. Avec le développement des technologies numériques et la dématérialisation, le marché du factoring connaît une petite révolution. Des ƒintech, comme Edebex et Koalaboox en Belgique, proposent leurs propres solutions d’affacturage. “ Notre cible, ce sont les gens qui sont complètement dématérialisés, qui n’ont pas besoin d’avoir un chargé de clientèle en face d’eux pour signer tous les documents. Tout se fait sur Internet ”, explique Xavier Corman, CEO d’Edebex.


Edebex : comment ça marche ?

Avec le factoring 2.0, plus question d’être lié par un contrat, la cession de factures peut se faire à l’unité pour un coût compris entre 3 et 4% du montant de ces factures. Quant à l’acceptation du dossier, elle est signifiée dans les 72 heures. Seul critère important : la stabilité financière du client. Et si, malgré tout, celui-ci fait défaut au final, aucun impact sur le fournisseur. De quoi convaincre un maximum de PME de sauter le pas. “ On fait plus ou moins 17% de croissance de mois en mois en termes de nombre de clients. Aujourd'hui, on a dû financer un total de 160-170 millions d’euros de créances “, confie Jean-Charles Dwelshauvers, Chief Financial Officer de Koalaboox.

Même son de cloche du côté du CEO d’Edebex, où 250 millions d’euros de factures ont été financés en 4 ans : “le besoin de financement reste la motivation numéro 1 et puis après, ça peut être pour couvrir un risque. Ils se disent j’ai beaucoup d’engagements sur un seul client, si ce client-là fait faillite ou a un problème, je vais couler. Enfin, il y a la raison administrative : ça me coûte de l’argent d’avoir des ressources en interne ou je ne suis pas équipé pour faire le suivi des paiements. ”

Un marché balbutiant

Il n’empêche, ces centaines de millions d’euros financés via le factoring dans les PME ne seraient encore qu’une goutte d’eau d’après le cofondateur de Koalaboox : “ le volume qu’on a financé, on l’a fait sur un millier de clients, alors qu’en Belgique, 700 ou 800.000 entités répondraient plus ou moins aux critères d’éligibilité pour du financement. Ça commence seulement à se faire connaître. “ Pour conquérir ce marché encore balbutiant chez nous, Koalaboox a choisi d’intégrer sa solution de financement directement dans son logiciel de facturation. Edebex, quant à elle, a plutôt opté pour l’étranger. Elle réalise déjà la plus grosse partie de son chiffre d’affaires en France.

 

Sur le même sujet
Financement
 
À la Une du Soir.be
À découvrir sur Le Soir +
  • Les espaces communs du petit hôtel sont particulièrement cosy.

    Par Marie-Eve Rebts

    Immo

    Le B-Lodge, une expérience belge un peu différente de l’hôtellerie

 

Vos réactions

Règles de bonne conduite / Un commentaire abusif? Alertez-nous

Le choix de la rédaction
  1. La Belgique considère la Grèce - ici, Corfou - comme étant une zone verte. L’ECDC considère l’ensemble du territoire comme une zone jaune. La comparaison des situations épidémiologiques peut donc semer la zizanie.

    UE: la cartographie de l’épidémie ne met pas les Européens d’accord

  2. blbla

    Négociations fédérales: pourquoi la N-VA veut diviser la famille libérale

  3. Juan Carlos aux funérailles du Grand-Duc Jean, le 4 mai 2019 à Luxembourg.

La chronique
  • Lettre d’Europe: pour le climat, un objectif de papier mais des mesures insuffisantes en Belgique

    Comme la plupart des pays d’Europe, la Belgique connaîtra une forte baisse de ses émissions de gaz à effet de serre suite au ralentissement économique causé par la crise du Covid-19. Selon le Bureau du Plan, organisme indépendant d’intérêt public qui réalise des études et de la prospective, elles devraient plonger de 13 % entre 2019 et 2020. Mais le répit sera de courte durée : elles devraient ensuite se redresser. A tel point que, selon les experts du Plan, la baisse enregistrée entre 2019 et 2025 ne devrait être finalement que de 5 %.

    Si elle se vérifie, cette trajectoire ne permettra pas à la Belgique d’atteindre son objectif de réduction : -35 % par rapport à 2005 dans le secteur non-industriel (non-ETS, en jargon). Mais les prévisions du Plan ont ceci de particulier qu’elles sont réalisées « à politiques inchangées ». Les experts n’intègrent dans leurs calculs que les décisions prises et en...

    Lire la suite

  • L’héroïsation des infirmières et des infirmiers a ses paradoxes

    Il est beaucoup question de l’héroïsation des infirmières et des infirmiers depuis quelques mois. La crise sanitaire les a mis comme jamais en évidence. Les soins intensifs se sont invités dans nos foyers à la faveur des journaux télévisés. Nous avons pu assister « en direct » au combat de celles et ceux qui luttent contre le Covid parmi les tuyaux et les respirateurs.

    L’admiration portée à cette profession majoritairement féminine s’en trouve amplifiée, même si l’on regrette bien sûr qu’il...

    Lire la suite