La mission Solar Orbiter a décollé, direction le Soleil (vidéo)

La mission Solar Orbiter a décollé, direction le Soleil (vidéo)

La sonde euro-américaine Solar Orbiter a décollé dans la nuit de dimanche à lundi de Floride vers le Soleil, dont elle étudiera pendant la prochaine décennie ces tempêtes chargées de particules qui peuvent provoquer des pannes sur Terre.

La sonde de l’Agence spatiale européenne (ESA) s’est élancée avec succès à 23H03 (04H03 GMT lundi) de Cap Canaveral en Floride, lancée par une fusée américaine dans le cadre d’un partenariat avec la Nasa. A son bord: dix instruments scientifiques(209 kilos de charge utile) pour une mission à 1,5 milliard d’euros.

«Tout se passe bien, les deux panneaux solaires, nécessaires au chargement des batteries, ont été déployés environ 75 minutes après le décollage, et le satellite entame sa vitesse de croisière», a déclaré à l’AFP Jane Lefort, responsable des opérations scientifiques de la sonde.

Après un passage par l’orbite de Vénus, puis celle de Mercure, le satellite, dont la vitesse maximale atteindra 245.000 km/h, s’approchera à 42 millions de kilomètres du Soleil, soit moins d’un tiers de la distance Soleil-Terre.

«Je pense que c’était parfait, tout à coup on a vraiment l’impression d’être connecté à tout le système solaire», a dit Daniel Müller, du projet ESA, peu après le lancement. «On est ici sur Terre et on lance quelque chose qui ira près du Soleil».

«Nous avons un objectif commun, celui de tirer le meilleur parti scientifique de cette mission. Je pense que nous allons réussir», a abondé Holly Gilbert, directrice de la division des sciences héliophysiques de la Nasa.

Solar Orbiter «aura la capacité de regarder le Soleil directement», explique à l’AFP Matthieu Berthomier, chercheur CNRS au laboratoire de physique des plasmas de l’école Polytechnique.

Une distance encore jamais égalée

La sonde sera la plus proche du Soleil tous les six mois, à seulement 42 millions de kilomètres, c’est-à-dire plus proche du Soleil que Mercure. Elle est protégée par un bouclier thermique, car il fera de l’ordre de 600°C.

«Quand on est aussi proche du Soleil, on n’a pas de problème d’énergie, mais on a un problème de température», a expliqué vendredi depuis le centre spatial Kennedy Ian Walters, chef du projet chez Airbus, qui a construit l’appareil.

Les nouvelles données recueillies viendront compléter celles de la sonde Parker de la Nasa, lancée en 2018, qui s’est approchée bien davantage de la surface de l’astre (7 à 8 millions de kilomètres), mais sans technologie d’observation directe, la chaleur étant trop intense.

Avec six instruments imageurs (télédétection), la sonde européenne pourra, elle, «voir» l’astre à une distance encore jamais égalée. Et révéler les pôles du Soleil. Quatre autres instruments de mesures «in situ» serviront à sonder l’environnement autour du Soleil.

Objectif principal de la mission: «comprendre comment le Soleil crée et contrôle l’héliosphère», la bulle de matière entourant tout le système solaire, résume Anne Pacros, responsable mission et charge utile de l’ESA.

 
 
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