Un business plan, pas suffisant pour démarrer

Un business plan, pas suffisant pour démarrer

Bruno Van Pottelsberghe, vous enseignez à la Solvay Brussels School, comment convainc-t-on selon vous un investisseur ?

Il faut évidemment un bon business plan, c’est essentiel. Mais il y a deux autres questions qu’un investisseur, une banque va poser. Est-ce que vous avez la liberté d’action, la freedom to operate ? Et, est-ce que vous êtes capable de générer des résultats et de protéger ces résultats contre la concurrence ? La liberté d’action est fondamentale. Ça démarre avec la licence d’exploitation si vous faîtes des sandwiches, mais ça doit aller jusqu’à vous assurer que vous ne marchiez pas sur les plates-bandes d’une autre entreprise. On a toujours tendance à croire qu’on est le premier à avoir eu telle ou telle idée, mais il faut s’en assurer. En ce qui concerne la propriété intellectuelle, il s’agit de protéger sa créativité, de s’approprier les résultats de cette créativité. Souvent, les entrepreneurs se concentrent tellement sur le design, le business plan, qu’ils laissent ces deux questions de côté parce que ce sont des coûts dont on ne voit pas tout de suite les bénéfices.

Quand on génère de la valeur, il ne faut pas attendre 6 mois pour que la concurrence arrive. Il faut se protéger. Pour ce qui concerne le design et la créativité, c’est le copyright ; pour le digital, c’est le site web et le e-dpo ; pour les technologies, c’est le brevet ; et pour les services, c’est le site web et le trademark. Et puis ensuite, quand on a la propriété intellectuelle, ça ne suffit pas. Il faut gérer cette propriété intellectuelle, sinon on ne dépose pas de brevet, ça ne sert à rien. Ça veut dire faire du monitoring, aller voir si un concurrent n’est pas occupé à copier ce pour quoi vous êtes protégé. La grande chance des start-up universitaires, c’est qu’il y a un département IP qui gère ça pour eux.

Ça ne suffit pas d’être le premier à avoir eu l’idée ?

Le first mover advantage comme stratégie d’appropriation des résultats ? Oui, ça fonctionne si on est une entreprise aux reins solides. Sinon, on est surtout le premier copié ! Pour que ça marche, il faut une réputation, un branding et une grande capacité à distribuer. Si on est Apple et qu’on fait une sortie mondiale pour son nouveau produit, voilà. Mais quand on est une start-up à Ixelles, c’est plus compliqué. Si on invente une lampe super innovante par exemple, on va de toute façon se faire avaler par Philips. Il vaut mieux se faire avaler cher, donc il faut blinder les brevets.

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