Micromanagement : quelques pistes pour en sortir

Micromanagement : quelques pistes pour en sortir

Le constat est là : vous êtes un adepte du micromanagement... et vous voulez en sortir ! Cette habitude de vouloir contrôler les moindres détails peut en effet avoir tendance à énerver vos collaborateurs, voire, dans certains cas, à les faire fuir. Il est donc grand temps de repenser votre façon de faire. Mais comment ? 3 coachs en management vous livrent leurs conseils.

Renoncer au micromanager, ça veut dire quoi ?

Un mot : DÉ-LÉ-GUER. En clair, faire confiance à vos collaborateurs pour qu’ils puissent prendre leurs propres décisions, en toute autonomie. Comme le disait Steve Jobs, le cofondateur d’Apple, “cela n’a aucun sens d’engager des gens intelligents pour leur dire quoi faire. Nous engageons des gens intelligents pour qu’ils nous disent quoi faire.”

Mais cela ne s’arrête pas là selon Véronique Ebrard, coach de dirigeants : “au-delà de la délégation, le manager devra aussi se mettre davantage dans une posture de coach, de mentor. Il va moins donner des instructions précises que des grandes directions, et soutenir ses collaborateurs. Son rôle sera plus de poser des questions que donner des réponses.”

Tous les micromanagers peuvent-ils se désintoxiquer ?

Difficile de se dire coach sans croire que les gens peuvent changer. Les avis sont donc unanimes : oui, un micromanager peut évidemment dompter ses vieux démons. “Ça se travaille, précise Sabine Denis, fondatrice de Cap+. Surtout qu’il y a souvent une confusion dans l’esprit de ces managers. Déléguer ne veut pas dire renoncer à tout cadre, au contraire. Il faut que le cadre et le processus soient très clair, que la zone d’autonomie soit claire. Et puis, cultiver une culture du feedback, autoriser les erreurs, etc.”

Plus facile à dire qu’à faire cependant. Le monde de l’entreprise loue les vertus du micromanagement depuis des décennies. Du point de vue des managers, ce mode de fonctionnement a même souvent fait ses preuves “Ce sont des recettes qui ont permis à ces managers d’obtenir des promotions, donc ils vont avoir du mal à les lâcher. Même s’ils peuvent comprendre, rationnellement, qu’ils devraient déléguer davantage”, explique Marc De Wilde, executive coach.

Faut-il forcément se faire aider ?

Là aussi, réponse unanime de nos 3 coachs : non. Certaines personnalités sont assez fortes et disciplinées pour se débrouiller par elles-mêmes, via des lectures par exemple. “C’est surtout pour les managers très contrôlants que ce sera évidemment plus compliqué”, reconnaît Sabine Denis.

A chacun dès lors de se faire confiance pour faire le bon choix d’après Marc De Wilde : “le coaching est une facilité mais il y a aussi une vigilance à avoir par rapport à une espèce d’infantilisation des gens, où on leur dit à la moindre contrariété ou difficulté qu’il faut se faire accompagner.”


Frédéric Laloux, “Réinventer les organisations”

Comment tourner la page du micromanagement ?

Quelle que soit la formule choisie, la transformation nécessite un travail sur soi. Certes, le micromanagement peut être le produit d’un contexte ou d’une habitude, mais bien souvent, c’est surtout la manifestation d’un trait de caractère. Le perfectionnisme notamment. “La première étape est de prendre conscience qu’on est tous câblé d’une certaine façon et qu’en fonction de son câblage, cette difficulté est là. Ça permet de déculpabiliser un peu”, poursuit le coach.

Cette prise de conscience ne suffit pas cependant. “Souvent, un manager hyper contrôlant a peur, constate Sabine Denis. Dans sa tête, si quelqu’un fait mal dans son équipe, c’est lui qui fait mal, et il associe sa valeur à ses réalisations. Il faut donc aller regarder cette croyance. Quand on aura travaillé ça et que le manager aura vu que l’erreur est apprenante, cette personne sera beaucoup plus à même de faire confiance et de déléguer.”

À condition bien sûr de mettre l’apprentissage en pratique pour le pérenniser et acquérir de nouveaux réflexes. Selon Véronique Ebrard, “le problème de la confiance en soi, c’est souvent parce qu’on a du mal à identifier les points forts et les points faibles de chacun. Un manager a une équipe avec différents collaborateurs, aux niveaux d’indépendance, de compétences et de motivation différents. A partir du moment où il sait à qui et comment déléguer, il a davantage confiance dans les décisions qu’il prend.”

La mauvaise habitude ne disparaîtra pas complètement, mais la nouvelle prendra peu à peu le pas sur elle. En combien de temps ? C’est là que les avis divergent du côté des coachs : en deux à trois mois pour certains mais pas moins de six pour d’autres, “sans se prendre trop au sérieux pour passer les vagues de découragement”, conclut Marc De Wilde.

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