Faut-il négocier son salaire à l’embauche ?

Faut-il négocier son salaire à l’embauche ?

« Ne négocions jamais avec nos peurs. Mais n’ayons jamais peur de négocier » Des mots qui résonnent encore, prononcés par John Fitzgerald Kennedy, lors de son discours d’investiture en 1961. Une leçon universelle, également applicable à la question salariale. Mais l’art de négociation n’est pas donné à tout le monde… surtout lorsqu’on parle de rémunération. Un sujet tabou, mais aussi parfois mal préparé par les candidats. Pourtant, l’information est une arme redoutable (et disponible), à condition de la maîtriser correctement. Autre élément important : votre place à la table des négociations. Avant de discuter d’argent, il va falloir convaincre le recruteur de vos talents (et être conscient de vos possibles faiblesses pour la fonction) pour se placer en « position de force ».

Des pièges à éviter

S’il est important de négocier ses prétentions salariales, mieux vaut ne pas se focaliser sur le sujet trop tôt. Jamais en début d’entretien, voire plutôt à la fin, histoire de ne pas donner l’impression que c’est votre seule motivation. Concentrez-vous d’abord sur la démonstration de vos compétences et attendez le « bon moment »… Si le recruteur ne l’aborde pas de lui-même, guettez l’habituel « avez-vous des questions ? » pour vous lancer.

Une fois le salaire sur la table, il va falloir assurer. Comme au poker, la meilleure façon de ne pas perdre ses moyens est d’avoir de bonnes cartes entre les mains. Pour cela, récoltez suffisamment d’informations avant le jour J : quelles sont les rémunérations pratiquées dans le secteur, dans l’entreprise ou pour ce type de fonction ? Comparez et faites-vous une idée réaliste, tout en gardant bien présents vos atouts.

Anticiper, c’est déjà négocier

Vous devez être prêt à réagir à un chiffre lancé par votre futur employeur ou à évoquer votre précédente rémunération. Dans ce cas, surtout ne mentez pas, car il pourra toujours vérifier et vous partiriez sur de mauvaises bases. Et s’il vous laisse dégainer en premier : « combien espérez-vous gagner ? » Vous avez la main… L’objectif ? Viser votre « juste prix ». Si le poste vous intéresse vraiment, ne soyez pas trop gourmand, au risque d’effrayer votre interlocuteur.

À l’inverse, évitez d’être excessivement modeste. Montrez que vous savez de quoi vous parlez en étant précis — net ou brut —, tout en laissant une marge de manœuvre. Suggérez, par exemple, une fourchette salariale. Cela laissera la porte ouverte à des avantages extralégaux ou non financiers, ainsi qu’à une éventuelle part flexible de la rémunération, liée à des objectifs. Réfléchissez donc plutôt en termes de package salarial…

Embauchez-moi – Que faire si on vous propose un salaire trop bas ?

La valeur de l’argent

Si tout travail mérite salaire « juste », gardez en tête qu’une bonne expérience professionnelle ou l’acquisition de nouvelles compétences peuvent aussi valoir leur pesant d’or. Être ferme en négociation est une chose, laisser filer une excellente opportunité par intransigeance en est une autre… Une fois les négociations ouvertes, rappelez-vous que c’est une histoire de rapport de force, où chacun essaie d’avoir le dessus.

Ne prêtez pas trop attention aux formules du style « pas de marge de négociation » ou « ce n’est pas dans les habitudes de la maison ». Si votre profil est intéressant, il y aura toujours de la place. N’hésitez pas non plus à demander le temps de la réflexion. Ce sera l’occasion de peser le pour et le contre, voire de reprendre contact avec le recruteur pour éclaircir vos doutes.

Vous avez eu le poste ? Un jour ou l’autre, si vous faites vos preuves, vous aurez peut-être aussi à négocier une augmentation salariale.

Sur le même sujet
HR
 
À la Une du Soir.be
À découvrir sur Le Soir +
 

Vos réactions

Règles de bonne conduite / Un commentaire abusif? Alertez-nous

Le choix de la rédaction
  1. shutterstock_1680226144

    Symptômes, contacts, tests, quarantaine…: le guide pour y voir plus clair

  2. d-20201016-GJFLP9 2020-10-16 14:15:30

    Comité de concertation: les nouvelles mesures de lutte contre le coronavirus annoncées

  3. De nombreux traitements expérimentaux contre le Covid sont testés dans nos hôpitaux, notamment ceux à base de plasma.

    Traitements et vaccins contre le coronavirus: une vingtaine d’essais cliniques en cours en Belgique

La chronique
  • «Vous avez de ces mots»: {Faire sens}, au risque de déplaire

    L’autre jour, il s’est passé un truc incroyable !

    Comme dans la chronique de Julie Huon  ?

    Bien plus incroyable encore ! Figurez-vous que j’ai reçu un rappel à l’ordre. Une réprimande, même. Publique, sur le site de votre quotidien favori. Courtoise, mais ferme : « Merci d’éviter cet emploi fautif à l’avenir. »

    Et quelle est la nature de l’infraction ? Avez-vous mal orthographié dithyrambique  ? Cafouillé dans un accord de participe passé ? Abusé d’un verbe passe-partout ? Ne me dites pas que vous avez employé le subjonctif avec après que  !

    Non, tout cela n’est que peccadille en comparaison du pataquès qui m’est reproché. Il m’en coûte de l’avouer, mais j’ai commis… un anglicisme. Dans une chronique de langue française. La semaine...

    Lire la suite

  • Edito: et si vous vous mettiez spontanément au ralenti pour minimum 15 jours?

    L’admission de Sophie Wilmès, l’ex-Première ministre, aux soins intensifs a fait l’effet d’un choc ce jeudi. Le symbole soudain de l’universalité de ce virus qui frappe partout et tout le monde. Que celle qui a mené, si souvent seule, le combat contre le covid soit à son tour touchée ramène à la dimension très humaine de cette lutte qui se mène au final entre soi et la maladie. C’est une alerte supplémentaire sur la gravité de ce que nous traversons et la nécessité de faire, là où nous sommes, tout ce que nous pouvons pour éviter ces...

    Lire la suite