Devenir le chef de ses anciens collègues ? Pas si évident...

Devenir le chef de ses anciens collègues ? Pas si évident...

L’évolution de carrière, beaucoup en rêvent. Et souvent, cela signifie être promu manager au sein de sa propre entreprise. C’est même l’idéal si l’on en croit le CEO d’EASI, 5 fois meilleur employeur de l’année : « chez EASI, on ne recrute pas de managers à l’extérieur. Ce serait juste le contraire de la reconnaissance. Ça reviendrait à dire vous êtes tous incompétents donc je vais aller chercher quelqu’un à l’extérieur ! »

Une relation à redéfinir

Pourtant, une telle promotion n’est pas sans poser quelques difficultés. Certes, les responsabilités s’étoffent et le salaire progresse, mais ce changement de statut ne se fait souvent pas sans susciter quelques frustrations ou jalousies. « Il y a toute la dimension humaine et émotionnelle à gérer. Ça demande quand même beaucoup de maturité dans le chef des anciens collègues d'accepter que leur ancien pote devienne leur supérieur, avec les contraintes qui vont avec », insiste Marc De Wilde, executive coach.

Car, même si le manager tend de plus en plus à devenir un leader ou un coach, la relation change. C’est un fait d’après Marc De Wilde : « il y a des limites à mettre, une façon de communiquer qui change, des choses qu'on pouvait dire et qu'on ne peut plus dire, etc. Le rapport du nouveau manager à l'équipe change, ne fût-ce que parce que c'est encore souvent cette personne-là qui va évaluer les collègues, avec à la clé un impact salarial ou promotionnel. »

Un nouveau costume à endosser

Le regard des autres n’est souvent pas la seule difficulté cependant. « Le regard que le nouveau manager porte sur lui-même peut être problématique, explique Chantal Dewandre, managing partner chez Samskara. Certains se disent maintenant que je suis chef, qu'est-ce que je fais ? Comment avoir la juste distance. Comment rester des amis, sans être des amis comme avant ? Comment rester moi-même, sans me laisser déborder ? »

Réponse de la coach : en prenant son temps ! « Il est conseillé, au début, de ne pas être différent. Ça risquerait d'engendrer un étonnement, qui engendrerait lui-même une sorte de méfiance. Il vaut donc mieux rester soi-même au début et, petit à petit, devenir un petit peu plus assertif. »

Des conversations s’imposent

Il n’empêche, les jaloux continueront sûrement de mettre en doute votre légitimité ou votre impartialité. Quant aux ex-collègues devenus vos amis proches, ils pourraient avoir du mal à faire la distinction entre votre relation au bureau et votre relation hors de l’entreprise. C’est normal. Et ce sera à vous, leur nouveau manager, de gérer ces différentes émotions.

« Ça demande d'avoir des conversations sur chacun des thèmes qui pose problème, et donc que le manager se mette en position de vulnérabilité. La vulnérabilité, c’est avoir le courage d'aller dans une situation inconfortable et d'y rester jusqu'à ce que le malentendu soit résolu. Il faut le faire sinon toute la crédibilité et donc la confiance seront perdues. »

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