Retourner vivre chez ses parents pour mieux rebondir

Retourner vivre chez ses parents pour mieux rebondir

On a connu les Tanguy, les enfants qui restent vivre chez leurs parents jusqu’à leurs 30 ans. On connait maintenant les Boomerang Kids, ces adultes qui retournent vivre au domicile familial après l’avoir quitté plusieurs années plus tôt. Ce terme a été inventé en 2007 par Barbara Ann Mitchell, une sociologue canadienne, pour mieux illustrer le retour des enfants dans le cocon familial. Ce retour n’est pourtant pas forcément voulu et s’explique pour diverses raisons.

Des raisons économiques d’abord

Les Tanguy ont du mal à partir, les Boomerang Kids sont plutôt obligés de revenir. Ce n’est pas par plaisir que ces derniers reviennent vivre chez leurs parents. Entre 2010 et 2015, 25% des jeunes adultes ont dû retourner chez leurs parents pour des raisons financières selon une étude européenne auprès de plus de 1.000 Belges.

Face à la précarité de l’emploi et au coût du logement, il vaut parfois mieux faire un pas en arrière que de sacrifier sa qualité de vie à court terme. Reculer pour mieux sauter comme dit l’adage. Mais dans les faits, est-ce si facile de « revenir à la maison » après tant d’années d’indépendance ? Sarah est retournée vivre chez papa et maman, après plusieurs années d’indépendance, pour mieux réorienter sa vie et ses choix professionnels.

Sarah, 30 ans : « On n’a plus vraiment de chez-soi »

Après trois années de colocation à Bruxelles suivie d’une rupture amoureuse après seulement six mois de vie commune, Sarah, 30 ans, est retournée vivre chez ses parents, en « garde alternée » en quelque sorte, ses parents étant séparés. Vivotant dans la capitale de petits jobs, elle n’avait pas réellement de projet. « J’avais besoin d’un nouveau départ et je voulais trouver un job qui me correspondait vraiment », explique celle qui est aujourd’hui monteuse.

« L’idée était de faire un point pendant une longue période afin de savoir où j’en étais réellement et ce que je voulais faire ». Retourner chez son père et chez sa mère était la meilleure solution durant cette période d’un an. « Cela ne m’engageait à rien et j’avais du temps pour moi ». Si l’entente avec les parents est au beau fixe, ils ont eux aussi fait leur vie depuis. « J’habitais un peu chez l’un, un peu chez l’autre et je n’ai pas eu l’impression de vivre réellement là-bas. La maison a changé et on n’a plus notre chambre, on n’a plus vraiment son petit chez-soi, son endroit personnel. Les parents ont refait leur vie depuis qu’on est parti. Et même s’ils sont contents qu’on revienne, ce n’est pas pareil ».

Elle ne regrette évidemment pas son choix, après avoir trouvé un métier qui lui plait. « Je crois que si j’étais resté à Bruxelles, j’y serais aussi parvenue, mais cela m’aurait pris beaucoup plus de temps ».

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