«Il n’appartient pas aux hôpitaux d’interdire l’euthanasie», clame la mutualité socialiste suite à une polémique en Flandre

«Il n’appartient pas aux hôpitaux d’interdire l’euthanasie», clame la mutualité socialiste suite à une polémique en Flandre
Pierre-Yves Thienpont

La mutualité socialiste flamande assure que l’obligation, par certains hôpitaux, d’entamer des soins pour quiconque souhaite se faire euthanasier va à l’encontre des droits des patients. «Chaque institution doit respecter les droits des patients, dont leur souhait d’euthanasie», souligne le secrétaire général Paul Callewaert.

Selon Paul Callewaert, plusieurs hôpitaux catholiques ont institué un «filtre palliatif» par lequel doivent passer les patients qui souhaitent accéder à l’euthanasie. «L’hôpital exige qu’ils passent par les soins palliatifs avant de discuter d’euthanasie, impliquant par là un ’comité éthique’», explique-t-il.

Le secrétaire général se réfère à une étude publiée par la mutualité en 2015. «Notre étude ’Levenseinde in woonzorgcentra’ montre que seulement 13% des centres de soins résidentiels flamands informent correctement leurs futurs résidents sur leur politique de fin de vie. Nous avions déjà écrit à l’époque que les établissements devaient respecter la possibilité légale d’exiger l’euthanasie dans leur enceinte.»

Le même problème se présente dans les hôpitaux, selon la caisse d’assurance flamande. «Il est tout à fait regrettable de voir un hôpital jouer avec les nuances de la loi sur l’euthanasie pour éviter de respecter le droit au consentement libre et éclairé du patient et pour éluder sa demande. La législation est pourtant claire. Pourquoi ces établissements l’ignorent-ils? Une demande de fin de vie est une expérience très profonde, comme un dernier refuge, tant pour le patient que pour ses proches.»

Pour autant, Paul Callewaert soutient le droit aux soins palliatifs. «Il est important que la personne qui demande une aide médicale pour mourir soit informée de toutes les possibilités thérapeutiques, dont les soins palliatifs. Ceci aussi est prévu par la loi et c’est une bonne chose. Mais la loi dispose que le médecin doive en discuter avec son patient, pas que l’hôpital puisse utiliser cette information pour reporter indéfiniment une demande d’euthanasie.»

La mutualité dit qu’elle fera tout ce qui est en son pouvoir pour préserver les droits du patient et la loi sur l’euthanasie. «Les établissements hospitaliers n’ont aucun droit de décision sur la demande de fin de vie. Il ne leur appartient pas d’interdire l’euthanasie ou d’en entraver la procédure. Cela doit être clarifié dans la loi.»

 
 
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