Cumuler plusieurs jobs, un choix de vie qui a la cote

Cumuler plusieurs jobs, un choix de vie qui a la cote

Ils seraient 200.000 en Belgique et 4,5 millions en France. Qui ? Les adeptes du slashing : un « métier d’avenir » qui consiste à… cumuler plusieurs jobs ! Du pâtissier / DJ au podologue / prof de tango, en passant par l’escrimeuse / journaliste, de plus en plus de personnes se lancent dans l’aventure des casquettes multiples.

Une façon de mettre du beurre dans les épinards, mais surtout d’assouvir une passion ou d’apporter une réponse à la question du sens. C’est le cas pour Line Fontenier, fonctionnaire la moitié du temps et entrepreneuse l’autre moitié.

Reprenons : ta PME, Nami Cosmétiques, cartonnait, mais tu décides… de tout arrêter !

Ce n’était pas un argument suffisant pour continuer. Au fil des mois (et du succès), j’étais entrée dans une logique business qui avait éteint la flamme. C’était devenu de la production à la chaine, souvent pendant la nuit, seule dans mon atelier, alors que les enfants dormaient. Une activité trop « commerciale », qui ne répondait plus à ma quête de sens.

Sans oublier la paperasse et le poids des obligations sociales et fiscales qui pèsent sur les indépendants. C’est une fonctionnaire qui le dit ! Heureusement, comme j’étais toujours dans la fonction publique, j’avais la liberté financière de dire stop pour me recentrer sur ce qui me plait réellement.

Tu continues donc à slasher ?

Oui, plus que jamais ! Je n’ai arrêté « que » la production de cosmétiques. Je poursuis tout le reste, mais avec plus de temps pour le développer. Dans ce sens, je planche sur un projet d’association dédiée à la parentalité positive.

Je ne pourrai plus me limiter à une seule activité professionnelle, mais l’argent ne sera jamais un moteur. Cette expérience m’a également permis de donner plus de valeur à mon job de fonctionnaire. Celui-ci m’offre un confort incontestable, notamment pour aménager toutes les facettes de ma vie.

Quels sont tes conseils pour les slasheurs en herbe ?

Allez-y ! Commencez modestement. Pas à pas, sans voir trop grand dès le départ, car c’est le meilleur moyen d’avoir peur de se lancer ou de se planter. Ce n’est évidemment pas tous les jours facile, mais c’est très gratifiant. Il faut une excellente organisation et la capacité à rentabiliser chaque moment « creux », comme un trajet de train ou une pause de midi.

On passe forcément moins de temps devant la télé ou sur son smartphone. J’ai également tendance à faire les choses tout de suite. Mais il faut faire gaffe au retour de manivelle… et arriver à se fixer des limites, sinon l’épuisement vous guette rapidement.

Quelles sont les principales difficultés pour une slasheuse ?

Des journées de 24h, c’est beaucoup trop peu (rires) ! On finit par accumuler la fatigue, car on ne relâche jamais la pression. On ne prend pas le temps de se reposer et c’est parfois le corps qui dit stop. Cela veut que dire que c’est déjà un peu tard…

Si tu devais résumer ta situation professionnelle de slasheuse en un mot…

Comme je suis une slasheuse, j’en choisis deux : liberté / densité ! Le plus important est vraiment la possibilité d’avoir le choix. Comme l’écrit Cédric Gras, « la liberté n’apporte rien de durable, mais vous offre des présents inestimables ».

BO du documentaire Génération slasheur

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