Les robots livreurs : que valent-ils exactement ?

Les robots livreurs : que valent-ils exactement ?

Depuis trois ou quatre ans, une série de start-up, principalement américaines, ont développé de petits charriots électriques autonomes pour assurer ce que les logisticiens appellent les « livraisons sur le dernier kilomètre ».

Sont-ils des gadgets ?

Peut-être. En tout cas, leur développement peut s'expliquer. De nos jours, une bonne partie de la chaîne d'opérations dans le commerce est déjà automatisée. Le marketing se fait sur les réseaux sociaux ; le produit est choisi et payé sur Internet par le consommateur ; les entrepôts automatisent le «pick and pack»... L'étape suivante est donc d'automatiser la livraison finale aux clients. Comme les ventes en ligne et les commandes de plats à domicile sont en croissance, l'idée a donc pris corps.

Sont-ils rentables ?

Il s'agit d'une technologie naissante. Ces robots sont chers. Le prototype du suisse TeleRetail vaut de 50.000 euros à 100.000 euros, selon les configurations. Son prix à terme pourrait baisser vers les 10.000 à 20.000 euros. Starship Technologies, lui, affirme que son «six roues» coûte 5.500 dollars (4.870 euros), ce qui est plus raisonnable. En tout cas, ces sommes restent peu évidentes à débourser pour des secteurs aux faibles marges comme l'horeca et les petits magasins. Quant aux constructeurs, ils dépendent pour le moment d'investisseurs complaisants qui les subsidient.

Vont-ils remplacer les livreurs ?

Sans doute pas ceux à vélo et en scooter, qui paraissent imbattables à la course. Par contre, ceux en camionnette ont du souci à se faire. Celles roulant au diesel n'ont plus d'avenir dans les centres-villes engorgés. Le très sérieux consultant McKinsey, lui, croit au potentiel de ces robots livreurs. Dans un rapport récent («Fast forwarding last-mile delivery»), il leur prédit même une percée mais à un niveau bien précis : pour les livraisons dans les centres urbains très concentrés et endéans le même jour. Pour ce qui est des autres lieux et délais, les moyens de transport traditionnels garderont un avantage.

Sont-ils gênants ?

Grâce à des caméras et des lasers, ces robots peuvent éviter les piétons, les poubelles, les poteaux... Pour autant, il leur faut bien partager l'espace public. Or, cela ne va pas nécessairement de soi. La multiplication des engins en test dans les rues de San Francisco a fini par excéder les habitants. Résultat : en décembre 2017, la ville a décidé de les limiter et de les confiner dans des quartiers peu fréquentés !

Sont-ils faits pour la Belgique ?

Les trottoirs américains, quand ils existent, sont bien aménagés : droits, plats, avec des bordures s'affaissant sur la voirie aux carrefours. Rien à voir avec les accotements de certaines villes belges. Constitués de pavés inégaux, de dalles éventrées...

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