Micromanagement : pourquoi ça va faire fuir vos employés

Micromanagement : pourquoi ça va faire fuir vos employés

Vous ne pouvez pas vous en empêcher, vous sortez de vos gonds dès que qu’un employé a 5 minutes de retard ? Vous insistez pour participer à chacune des réunions et exigez d’être mis(e) en copie pour chaque email ? Vous surveillez l’exécution de chaque tâche jusqu'à souvent repasser derrière le travail de vos employés ? Si la réponse est oui, vous tombez sûrement dans la catégorie des micromanagers. Que vous en soyez conscient ou non.

Le micromanager au quotidien

Regarder par-dessus l’épaule de ses collaborateurs, c’est son crédo. Et pour cause, il accorde une importance excessive au moindre détail et veut tout contrôler. Car il ne fait confiance à personne. En fait, il est persuadé que le résultat serait bien meilleur s’il faisait lui-même le travail... principalement par peur de l’échec, surtout si ces supérieurs s’inscrivent dans la même logique.

Certains n’hésitent pas à parler de maladie, de “comportement compulsif similaire à d’autres addictions”, même si, dans la plupart des cas, la situation n’est pas aussi extrême. Et heureusement, car ce syndrome du petit chef tyrannique est loin d’être rare. D’après Harry Chambers, auteur du « guide de survie au micromanagement », 8 Américains sur 10 auraient déjà eu à subir ce genre de dérives au cours de leur carrière.

Les risques liés au micromanagement

Attention si vous succombez parfois (ou souvent) vous-même à ce travers. D’après Forbes, c’est “l’une des habitudes les plus dangereuses” à avoir au travail. Longtemps considéré comme normal, le micromanagement semble en effet de moins en moins toléré.

Il faut dire que l’impact négatif de la pratique a maintes fois été mesuré :

  • les travailleurs micromanagés perdent en productivité, tétanisés par la pression du contrôle constant
  • leur moral et donc leur engagement s’en ressentent, surtout dans les plus jeunes générations, à la recherche de leaders inspirants, d’un environnement de travail convivial, de flexibilité et d’opportunités d’apprentissage
  • la lourdeur hiérarchique s’en trouve renforcée, à l’heure où l’agilité devient pourtant le mot d’ordre
  • les risques de burn-out sont accrus, chez les employés mais aussi chez le manager comme le montre cette étude

Chieh Huang, Confessions d’un micromanager repenti

Micromanager est en effet source de stress pour le manager. C’est aussi une énorme perte de temps. Si vous êtes adepte de la pratique, il est donc grand temps de passer à autre chose... et de déléguer! Après tout, personne n’a envie d’être vu comme un petit chef tyrannique. Même si, évidemment, si on considère qu’il s’agit vraiment d’une addiction, c’est sûrement plus facile à dire qu’à faire.

Sur le même sujet
Management
 
À la Une du Soir.be
 

Vos réactions

Règles de bonne conduite / Un commentaire abusif? Alertez-nous

Le choix de la rédaction
  1. La mort tragique de George Floyd, dont les manifestants scandent le nom - ici, en sit-in à Raleigh, en Caroline du Nord -, aura servi de catalyseur à une colère grandissante.

    Etats-Unis: un déferlement de violence, exutoire aux failles de la société

  2. Image=d-20200503-GG2DT2_high

    Certains Belges n’ont toujours pas reçu de masques

  3. d-20191022-3WU08Z 2020-02-14 13:30:22

    Evolution de la propagation du virus en Belgique: les hôpitaux se vident, surtout en Wallonie (infographies)

La chronique
  • Après la solidarité, le partage?

    Il est des débats dont personne ne sort gagnant. Ni l’objet, ni les participants, ni les intéressés. Des refrains qui deviennent des ritournelles. Le disque s’use, s’enraye, s’épuise, et finalement se reprend et repart. La ritournelle… Celle de la fusion des polices locales bruxelloises, après certains faits divers, pas tous, sans que l’on sache vraiment pourquoi parce que ni le manque de dialogue ni l’absence de concertation entre zones n’est une cause identifiée du problème… Celle de la négation ou mise sous tutelle d’une Région qui n’en serait pas vraiment une lorsque Bruxelles se fait trop complexe, trop encombrante, trop entreprenante dans une politique d’enseignement, de culture ou de petite enfance. Celle d’une ville morcelée entre des baronnies, aux nobles seigneurs (les bourgmestres), privilégiant leur once de pouvoir à l’efficacité de l’action publique.

    Celle d’une capitale qui mériterait bien peu son titre, parce qu’inhospitalière pour les autres habitant(e)s du Royaume que les sien(ne)s, ingrate envers celles et ceux qui, au-delà de ses frontières, la font vivre. Ces couplets-...

    Lire la suite

  • Un baromètre pour regarder la crise économique dans les yeux

    La double peine, c’est ce que nous inflige le Covid-19 : les morts d’abord, les destructions d’emploi en vue. Deux terribles factures qui s’enchaînent : à peine venons-nous de quitter le pic du nombre de décès, des contaminations et de la crise sanitaire que nous plongeons dans le pire de la crise économique.

    Si nos systèmes de santé ont été confrontés à une pandémie sans précédent inattendue, impréparée et inédite, notre système économique, lui, fait face au défi le plus lourd depuis la Seconde...

    Lire la suite