César: la nouvelle direction devra représenter le cinéma dans «sa diversité», déclare le ministre français de la Culture

César: la nouvelle direction devra représenter le cinéma dans «sa diversité», déclare le ministre français de la Culture
AFP

La future direction de l’Académie des César «doit permettre de représenter le cinéma français dans toutes ses esthétiques et sa diversité», a estimé le ministre de la Culture Franck Riester, après la démission collective de l’équipe en place, quinze jours avant la cérémonie annuelle le 28 février.

«Cette gouvernance renouvelée doit permettre de représenter le cinéma français dans toutes ses esthétiques et sa diversité afin de permettre à l’Académie de continuer à incarner son rayonnement», souligne-t-il dans un communiqué, tout en rappelant qu’il s’agit d’une institution indépendante.

«Sa gouvernance doit être guidée par un fonctionnement démocratique et des exigences d’ouverture, de transparence, de parité et de diversité», poursuit-il.

La crise, qui couvait, a éclaté lundi soir avec quelque 400 personnalités dont Omar Sy, Jacques Audiard, Céline Sciamma, réclamant dans Le Monde une «réforme en profondeur». Parmi les reproches évoqués: opacité de la gestion, entre soi et manque de diversité.

Pour faire face à la crise, Alain Terzian avait annoncé des mesures en vue d’instaurer la parité. «Insuffisant» aux yeux des signataires, dans un contexte d’accusations de viol et d’agression sexuelle dans le cinéma français, dont celles lancées par l’actrice Adèle Haenel.

Une assemblée générale se tiendra après la cérémonie du 28 pour élire la nouvelle direction, préparer les modifications des statuts fondateurs et mettre en oeuvre des mesures de modernisation d’une institution jugée par beaucoup dépassée.

«Démission collective des César. Imaginons la suite ? nouveau collège de votants sans entre-soi masculin, opacité et sexisme. Et on finira bien par cesser d’acclamer des violeurs, pédocriminels en cavale ?», a réagi l’association Osez le féminisme. «Quand on se mobilise, les choses bougent !», a commenté sur Twitter le collectif féministe #NousToutes, avec le nom de Polanski, accolé.

Visé par des accusations de viol, le cinéaste Roman Polanski, en tête des nominations aux César pour son film «J’accuse», cristallise une partie des reproches faits à l’Académie.

«Célébrer un agresseur comme Polanski, c’est soutenir le système d’impunité des violences masculines, et museler la parole des victimes», écrivent les associations féministes. Certaines appellent à un rassemblement le soir de la cérémonie devant la salle Pleyel à Paris.

 
 
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