César: selon le producteur de «J’accuse», «il n’y a aucune raison que Polanski ne vienne pas à la cérémonie»

Coup de théâtre aux César : la direction de l’Académie, accusée d’opacité et d’entre-soi, a démissionné en bloc jeudi soir à seulement deux semaines de la « grande fête » annuelle du cinéma, déjà minée par la polémique Polanski.

« Pour honorer celles et ceux qui ont fait le cinéma en 2019, pour retrouver la sérénité et faire que la fête du cinéma reste une fête, le conseil d’administration de l’Association pour la Promotion du Cinéma a pris la décision à l’unanimité de démissionner », a affirmé l’Académie présidée depuis 2003 par le producteur Alain Terzian.

« Cette démission collective permettra de procéder au renouvellement complet de la direction », composée des membres fondateurs, d’anciens présidents ou de membres de l’Association, 21 personnes au total, parmi lesquelles les cinéastes Costa Gavras, Claude Lelouch ou Tonie Marshall.

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Le réalisateur franco-polonais sera « a priori » à la cérémonie. « Il n’y a aucune raison qu’il ne vienne pas », a affirmé cette semaine le producteur de « J’accuse », Alain Goldman, dans le Point, estimant que « soutenir Polanski ce n’est pas soutenir le viol ».

Après des accusations de viol et d’agression sexuelle dans le milieu du cinéma français, la présence au sein de l’APC de Roman Polanski, lui-même visé par des accusations de viol, ainsi que ses 12 nominations pour la cérémonie du 28 février avec « J’accuse », sur l’affaire Dreyfus, passent très mal auprès d’une partie de l’opinion publique et des associations féministes. Certaines appellent à un rassemblement le soir de la cérémonie, devant la salle Pleyel à Paris.

« Quand on se mobilise, les choses bougent ! », a commenté sur Twitter le collectif féministe #NousToutes, avec le nom de Polanski, accolé. « Imaginons la suite ? nouveau collège de votants sans entre-soi masculin, opacité et sexisme. Et on finira bien par cesser d’acclamer des violeurs, pédocriminels en cavale ? », a réagi Osez le féminisme !

Le ministre de la Culture a déjà fixé un cap en souhaitant que la nouvelle direction puisse « permettre de représenter le cinéma français dans toutes ses esthétiques et sa diversité ». « Sa gouvernance doit être guidée par un fonctionnement démocratique et des exigences d’ouverture, de transparence, de parité et de diversité », a ajouté Franck Riester.

Une assemblée générale se tiendra après la cérémonie du 28 février et sera l’occasion d’élire une nouvelle direction pour préparer les modifications des statuts fondateurs sous l’égide du Centre national du cinéma (CNC) et mettre en œuvre des mesures de modernisation d’une institution jugée par beaucoup dépassée, avec une trop faible représentation des femmes notamment.

 
 
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