Le microcrédit professionnel en 5 questions

Le microcrédit professionnel en 5 questions

Il est loin le temps où le microcrédit servait uniquement à financer des projets dans des pays en voie de développement. Aujourd’hui, quasiment tous les pays d’Europe disposent de leurs propres organismes de microfinance, pour les particuliers mais aussi pour les professionnels.

C’est aussi le cas en Belgique, même si le secteur reste encore embryonnaire de l’aveu même du CEO de microStart. D’après Emmanuel Legras, le produit serait encore trop peu connu : « chaque année, nous injectons entre 6 et 8 millions d’euros dans l’économie locale, soit environ 60% des microcrédits professionnels. Ça représente environ un millier d’entrepreneurs soutenus alors que les besoins sont estimés entre 30 et 50.000 microcrédits par an. » La croissance n’en reste pas moins importante, plus de 40% ces trois dernières années.

Qui peut prétendre au microcrédit ?

La réponse est simple : tous les entrepreneurs ou aspirants entrepreneurs, pour peu qu’ils n’aient pas accès au système bancaire traditionnel et qu’ils soient porteurs, évidemment, d’un projet viable. Pour 4 à 5.000 personnes intéressées chaque année, microStart accorderait entre 700 et 800 prêts. « Ça peut être pour financer de la trésorerie, des investissements, des frais de communication, la prise d’un local, l’achat de matériel, etc. »

A qui s’adresser ?

En Belgique, le paysage de la microfinance reste assez clairsemé. On dénombre 4 acteurs dont 3 organismes de droit privé :

  • Brusoc : microcrédit public de la Région Bruxelles-Capitale
  • MicroStart : principal acteur belge du microcrédit, actif sur l’ensemble du territoire
  • Crédal en Belgique francophone
  • Hefboom à Bruxelles et en Flandre
     

A combien pouvez-vous prétendre ?

Comme son nom l’indique, le microcrédit a vocation à prêter de petites sommes. Jusqu’à 25.000 euros au Brusoc et au Crédal, 15.000 euros chez microStart. En tout cas, au début. Car dans ce dernier cas, le prêt est reconductible d’une étape à l’autre du développement de l’entreprise, le plafond pouvant, là aussi, atteindre les 25.000 euros pour les clients existants.

Et ce n’est pas tout. Si le microcrédit est par principe totalement incompatible avec un prêt bancaire, il peut en revanche être combiné avec un subside par exemple. « On peut compléter un plan de financement pour couvrir l’ensemble des besoins d’un entrepreneur en phase de création. Subsides et microcrédits ne sont pas du tout antinomiques », précise Emmanuel Legras.

Tous les secteurs sont-ils concernés ?

En théorie, oui. Mais vu les montants octroyés, les projets sont le plus souvent liés à l’horeca, les services aux entreprises ou encore l’aide à la personne. Les start-up, elles, ayant besoin de capitaux importants pour démarrer, sont peu nombreuses à se tourner vers le microcrédit.

Mais ça arrive assure le dirigeant de microStart : « certaines start-up en phase de tests, qui vont fonctionner tout d’abord avec des services plus restreints, avec une zone de chalandise plus restreinte, peuvent commencer avec un microcrédit et partir ensuite vers des business angels quand elles se développent. »

Quels sont les avantages et inconvénients de la formule ?

Le principal avantage est évident. Pour beaucoup d’aspirants entrepreneurs, sans microcrédit, il n’y aurait tout simplement pas de financement. Mais ce financement a un coût évidemment. Un coût plus élevé que pour un crédit bancaire classique, risques supplémentaires obligent.

Il n’empêche, d’après Emmanuel Legras, les taux de survie des entreprises financées sont bien supérieurs à la moyenne nationale : « plus de 75% des entreprises financées par microStart sont toujours pérennes après 3 ans. En plus de ça, 9% ont su rebondir sur un autre projet d’entreprise ou un emploi salarié.  » L’accompagnement et le coaching gratuits prodigués en parallèle du financement n’y est certainement pas pour rien. Retrouvez-nous aussi sur la page Facebook de Génération Le Soir

 

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