Quand le service public flirte avec l’esprit start-up

Quand le service public flirte avec l’esprit start-up

La notion de start-up s’est définitivement imposée dans le paysage économique. De jeunes pousses innovantes, à fort potentiel de croissance, qui bouleversent les marchés et bousculent les acteurs établis. À tel point qu’on parle aujourd’hui d’une véritable culture « start-up », reposant sur une identité propre. Une « start-up nation » qui partage un même « esprit », des codes, des valeurs, des outils, des méthodes, des rituels, sans oublier quelques mythes. Un vent nouveau qui se met aussi à souffler sur l’action publique… à travers le concept de la « delivery unit ».

La start-up nation au service du citoyen

Les enjeux sont plus importants et interconnectés que jamais, rendant la mission des pouvoirs publics toujours plus complexe. Le défi ? Traduire les réformes en résultats tangibles. C’est la raison d’être de la delivery unit : opérationnaliser une politique publique. Concrètement ? Une équipe multidisciplinaire et réduite (une dizaine de personnes), qui fonctionne comme un levier capable d’accompagner la réalisation d’un certain nombre d’objectifs prioritaires et d’en mesurer l’exécution. En bref ? Une start-up nichée au cœur de l’action publique, qui bénéficie de suffisamment d’indépendance pour déployer ses atouts : agilité, approche opérationnelle, culture projet et orientation « résultats ».

Impact et accélération

Sur fond d’un plan d’action précis, la delivery unit insuffle une dynamique innovante, visant à dépasser les obstacles et l’inertie propre à l’action publique. L’effet attendu ? Accélérer la production de résultats concrets et générer un impact mesurable (et mesuré)… L’un des premiers essais du genre date du début de ce siècle au Royaume-Uni. Tony Blair, alors Premier ministre, forme sa « Prime Minister’s Delivery Unit (PMDU) » afin de mettre en œuvre une série de chantiers, notamment dans le secteur de la santé. Une expérience devenue un cas d’école pour sa démarche pionnière en matière de « deliverology » ou, autrement dit, comment générer de meilleurs résultats plus rapidement.

CATCH, l’exemple carolo

En septembre 2016, l’ensemble du bassin de Charleroi était frappé de plein fouet par la fermeture de l’usine Caterpillar. Dans la foulée, le Gouvernement wallon mettait autour de la table un groupe d’experts pour établir un plan de sauvetage, inspiré de l’exemple flamand de Ford Genk.
L’opérationnalisation du plan, baptisé « CATalysts for Charleroi » (CATCH), est confiée à une delivery unit. À la tête de l’équipe de pilotage ? Thomas Dermine, jeune et brillant ingénieur, sorti tout droit de la Solvay Brussels School, passé par Harvard et McKinsey, avant un court séjour sur la planète start-up. Tout cela, avant d’embrasser cette cause, celle de sa ville d’origine…


La delivery unit de CATCH

Transparence et communication

« Au sein de la delivery unit, nous fonctionnons comme une véritable start-up », explique Thomas Dermine. Une forte culture « résultats », la dimension entrepreneuriale, de la transparence, une approche lean ou encore des whiteboard sessions, sans oublier la composition de la team : des profils plutôt jeunes, talentueux et passionnés. Dans les faits, la delivery unit coordonne donc la mise en œuvre du plan CATCH, appuyant les acteurs économiques locaux, autour de 15 chantiers dans quatre secteurs prioritaires. À mi-parcours, les premières réalisations sont visibles… rapport détaillé à l’appui. Preuve que la start-up d’utilité publique respecte son engagement de résultats.

 

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