Les trottoirs roulants, pas (encore ?) pour demain !

Les trottoirs roulants, pas (encore ?) pour demain !

La mobilité est au cœur de nos préoccupations, en particulier dans les centres urbains. Comment permettre aux foules de se déplacer de forme fluide tout en respectant l’environnement ? En vélo électrique ? En trottinette ? Et pourquoi pas en trottoir roulant ? À une époque pas si lointaine, l’idée semblait une solution viable. Si bien qu’au tournant du XXe siècle, des esprits ingénieux se sont mis à penser des villes où l’on ne marcherait plus. Un concept si prometteur que sa paternité a longtemps fait débat.  

Une histoire d’expos universelles 

D’un côté, la France, qui se réclame comme la mère patrie du tout premier réseau, à Paris lors de l’Exposition universelle de 1900. De l’autre côté de l’Atlantique, les États-Unis revendiquent cette paternité mobile : Chicago aurait fait naître un tel dispositif en 1893, lors de la Columbian World’s Fair. Tant au pays de l’Oncle Sam que dans l’Hexagone, les essais (infructueux) se poursuivirent à bonne cadence. En 1925, la capitale française propose de décongestionner la circulation en surface par l’installation de trottoirs roulants souterrains. Trop rapides, pour permettre l’embarquement, ou trop lents, pour jouer le rôle de véritable « transporteurs », l’expérience tourne court.  

D’essais en fiascos 

Le moving walkway ne rencontre pas le succès escompté, freiné par le casse-tête de la vitesse, le coût colossal ainsi que les questions de sécurité et de fiabilité. Mais la solution finit par séduire les aéroports, les gares ou les parcs d’attractions, aux prises avec de longues distances à parcourir en intérieur. Les initiatives se multiplient… Melbourne, Londres ou encore Paris, où la station Montparnasse est dotée d’un « trottoir roulant rapide » de 185 mètres, défilant à 12 km/h, avant d’être bridé à 9 km/h… Inutile, voire contre-productif, le système est un  fiasco. Dans les années 90, naît à Hong Kong un dispositif surélevé de 800 mètres de long, reliant plusieurs districts, à l’horizontale comme sur les plans inclinés. L’une des rares réussites en matière de travelator urbain, à tel point qu’il est devenu l’une des attractions touristiques de la ville.  

Quel avenir pour le trottoir roulant ? 

La réalité ? On est bien loin des œuvres de science-fiction, comme le film Metropolis ou le livre The Caves of Steel, où Isaac Asimov fantasmait sur un futur pavé de trottoirs roulants, comme principal mode de déplacement humain : les expressways. Malgré les échecs et les doutes, le travelator continue pourtant de hanter les visionnaires… Une étude de l’École Polytech de Lausanne concluait, par exemple, que cette option pourrait, dans certains cas, se justifier. D’ailleurs, une ville l’a (plus ou moins) réalisé : Spolète, une cité italienne de 38 000 habitants, qui incite ses visiteurs à abandonner la voiture dans le centre historique.  

Une question reste en suspens : doit-on vraiment envisager d’équiper nos villes de trottoirs roulants ? À l’heure où des escalators en spirale voient le jour et les voitures deviennent autonomes, le futur nous réserve peut-être des surprises… 

 

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