Le bonheur en trois mots ? « Less is more »

Le bonheur en trois mots ? « Less is more »

De nombreuses philosophies de vie alternatives ressurgissent en force. Comme pour combler un besoin : celui de retrouver l’équilibre perdu, torpillé par une société qui file à toute allure. L’art de descendre du train s’est transformé en une quête vitale… C’est sur le quai de l’une de ces gares que naît le minimalisme : un mode de vie, encourageant à revenir à l’essentiel et à réduire volontairement notre consommation et ses impacts. Moins d’objets, moins d’achats, moins de désirs, moins de « tout »… pour plus de vie. De la simplicité, mais aussi une prise de conscience des enjeux environnementaux. « Tout bien que tu détiens est un souci qui te retient », récitait déjà le moine Skippy campé par Les Inconnus. C’est ça le minimalisme : une version 4.0 de l’ascétisme grecque !

Lutter contre l’idéal matérialiste

Le minimalisme, la simplicité volontaire ou encore la sobriété heureuse sont des mouvements similaires, difficiles à situer dans l’histoire. Des stoïciens grecs à Épicure, en passant par la vie monacale en Occident ou l’exemple de Gandhi, les minimalistes du XXIe siècle n’ont rien inventé. Au siècle dernier, certains penseurs ont enfoncé le clou de la simplicité volontaire, inscrite dans une démarche plus large, celle de la décroissance : d’Ivan Illich, précurseur de la slow life à Hannah Arendt, à travers sa critique de la société de consommation, ou encore à l’éclosion de courants artistiques minimalistes. Plus proche de nous, Dominique Loreau, essayiste française installée au Japon, a largement contribué à populariser cet « art de l’essentiel ». Au fil du temps, les principes de base de ces démarches se sont perpétués, à une différence (capitale) près : la surconsommation et l’encombrement matériel qui marquent notre époque.

Garder le meilleur de la vie

Ces dernières années, ce nouvel ascétisme a le vent en poupe, comme l’atteste le succès du documentaire, « Minimalism: A Documentary About the Important Things », où l’on suit les aventures « simples » de Joshua et Ryan. Ou la célèbre Marie Kondo et sa « Magie du rangement », souvent réduite (à tort) à une banale technique de pliage de t-shirts... Pourtant, comme le pensent les bouddhistes japonais, la paix intérieure passe également par un « intérieur » rangé. Une discipline primordiale pour s’essayer, par exemple, au projet 333, un challenge vestimentaire lancée par Courtney Carver, minimaliste convaincue. Et si le minimalisme était une autre façon de se réapproprier la loi de Pareto, pour qui 80 % des effets sont le résultat de 20 % des causes. Ne mettons-nous pas, les trois quarts du temps, à peine 20 % de nos vêtements ? Même chose pour les objets qui embarrassent nos maisons. Une approche applicable à bien des domaines de notre vie privée et professionnelle…


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Zen, soyons zen

Le minimalisme ne se résume donc pas à son dressing, mais il faut bien commencer quelque part : la garde-robe, la bibliothèque, la cuisine, mais aussi ses réseaux sociaux ou son agenda. Faire de la place pour l’essentiel, voilà l’enjeu. Le défi, car c’est bien d’un challenge dont il s’agit. De nombreuses méthodes voient le jour pour y arriver, en 3, 4 ou 9 étapes… au risque de se retrouver encombré d’articles sur le minimalisme. Quelle que soit l’approche adoptée, les résultats (espérés ou obtenus) sont souvent les mêmes : préserver du temps, sentir plus de liberté ou encore se recentrer. Pour certain(es), la démarche est plus « politique » : l’art de se positionner contre la société de consommation ou en faveur des enjeux climatiques. Un dernier mot (pour un article pas si minimaliste) : le voyage est souvent un bon moyen d’expérimenter la simplicité volontaire, à condition de voyager léger et de façon durable...

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