Coronavirus: comment est-il dépisté?

Coronavirus: comment est-il dépisté?

Comment la Chine détermine-t-elle si un patient est atteint du nouveau coronavirus ? Jusqu’ici, seul un test en laboratoire permettait aux autorités de confirmer qu’un malade était atteint de pneumonie Covid-19 mais la province du Hubei, à l’épicentre de l’épidémie, a annoncé jeudi qu’elle comptabilisera désormais aussi les personnes ayant fait l’objet d’un diagnostic moins poussé.

Quel est le principal test ?

En Chine, c’est la technique dite « d’amplification des acides nucléiques ». Elle permet de détecter le coronavirus dans le sang du patient ou dans des échantillons prélevés dans ses voies respiratoires - nez ou gorge. Une vidéo publiée la semaine dernière par un hôpital de Wuhan, la ville sous quarantaine où le virus est apparu, détaille le procédé… visiblement un peu douloureux.

On y voit un membre du personnel médical enfoncer sur plusieurs centimètres une tige dans la cavité nasale d’une collègue, puis effectuer des mouvements circulaires afin d’y récolter un échantillon. Ce dernier est ensuite envoyé dans un laboratoire pour être analysé.

Chaque jour, de 6.000 à 8.000 personnes sont ainsi testées à Wuhan, selon Zhang Hongxing, le directeur de la Commission municipale de la santé.

Qui est testé ?

Les patients ayant des symptômes typiques de la pneumonie Covid-19, comme la fièvre, ou un faible nombre de globules blancs. Autres malades particulièrement surveillés : ceux s’étant rendus dans le Hubei ou dans les régions avoisinantes, particulièrement touchées par le coronavirus. Les personnes « suspectes » sont également celles ayant eu des contacts avec des voyageurs revenant de ces régions, ou bien avec des patients déjà confirmés.

Pourquoi le Hubei compte autrement ?

Désormais, les autorités sanitaires de la province utilisent également des radios des poumons pour réaliser un « diagnostic clinique » des patients.

Si l’imagerie médicale montre une infection pulmonaire, les malades suspects deviennent automatiquement « confirmés », même sans avoir passé de test d’amplification des acides nucléiques.

Quelque 17.000 personnes ont déjà été déclarées contaminées par le coronavirus via un tel « diagnostic clinique ».

L’objectif est d’avoir « un dépistage et un traitement plus précoces » et « d’améliorer le taux de réussite du traitement », a déclaré vendredi Zeng Yixin, vice-directeur de la Commission nationale de la santé - qui fait office de ministère.

Seul le Hubei adopte cette méthode.

Les hôpitaux de la province sont en effet surchargés de patients. Faire subir à chaque malade le test de dépistage prendrait beaucoup de temps, d’autant plus que le matériel manque.

« C’est une approche très intéressante et logique », selon Jessica Justman, professeur en épidémiologie à l’université Columbia à New York.

Seul bémol selon elle : l’utilisation de radios n’est utile que pour détecter « les personnes avec les symptômes les plus graves », ceux dont les infections sont visibles à l’imagerie médicale.

L’Organisation mondiale de la santé (OMS) appelle par ailleurs à faire preuve de discernement : « Nous attendons des éclaircissements sur la manière dont les diagnostics cliniques sont faits », a indiqué vendredi son directeur général Tedros Adhanom Ghebreyesus.

Comme les symptômes peuvent se ressembler, il faut « s’assurer que d’autres maladies respiratoires comme la grippe ne se retrouvent pas comptabilisées dans les données du Covid-19 », a-t-il averti.

Quels sont les revers du test classique ?

Mener le dépistage en Chine est compliqué, pointent des experts, notamment à l’heure où le nombre de cas continue d’augmenter dans le pays.

Le test aux acides nucléiques exige ainsi des équipements spéciaux, un environnement propre et « du personnel très qualifié » afin d’éviter toute contamination des échantillons, souligne Mme Justman.

Autre problème : la vitesse. Cette méthode de dépistage ne peut en effet livrer son verdict qu’après deux ou trois heures.

Enfin, il y a aussi une marge d’erreur. Dans certains cas, des tests aux acides nucléiques peuvent afficher un résultat « négatif » alors que les malades sont pourtant bel et bien contaminés.

Cela peut arriver en cas d’incident avec le matériel, de mauvaise manipulation ou encore si les échantillons sont mal collectés, déclare Ben Cowling, de l’Ecole de santé publique de l’Université de Hong Kong.

 
 
À la Une du Soir.be
À découvrir sur Le Soir +
 

Vos réactions

Règles de bonne conduite / Un commentaire abusif? Alertez-nous