L'innovation ouverte, une question de compétitivité

L'innovation ouverte, une question de compétitivité

Qui pratique l'innovation ouverte en Belgique?

Des PME surtout, par manque de ressources. Il faut aussi une certaine culture. En Belgique, les PME restent souvent petites par manque d'audace. On peut toujours se mettre en position d'autosuffisance mais certaines décident de faire face aux contraintes et d'en faire une vertu. Les biotech par exemple ont souvent du cash pour un an, pas plus, donc elles doivent travailler dans un écosystème, s'ouvrir à des parties établies. Ici, on a des centres de recherche, des universités, des spin-off... C'est de l'innovation ouverte. Le gouvernement a aussi fait en sorte que les essais cliniques soient validés en 15 jours, c'est le plus rapide en Europe. Et puis dans ce marché, il y a une certaine masse critique. Le secteur biopharma belge, c'est 18 % de la biopharma en Europe en termes de capitalisation boursière, alors que le marché belge est un tout petit marché.

Est-ce possible dans d'autres secteurs que les biotech?

L'innovation ouverte, c'est pour les entreprises audacieuses. Il faut une masse critique et d'autres parties prenantes motivées pour le faire, parce qu'on n'invente pas l'innovation ouverte tout seul. Il faut que le gouvernement, les fournisseurs, les entreprises, même les compétiteurs parfois s'y rallient. Et ce qu'il faut aussi, c'est un secteur dans lequel les consommateurs sont un peu aventuriers. Toutes les conditions ne sont pas toujours là. Mais dans un pays de PME, qui vit de l'exportation, on n'a pas le choix. C'est une question de compétitivité. Curana par exemple, un fabricant de pièces de bicyclettes, a vu les Asiatiques arriver avec des pièces meilleur marché dans les années 90. La solution, c'était de s'ouvrir, d'aller vers un autre business model, de passer de la fabrication de pièces à faibles marges au design et à la fabrication d'accessoires haut de gamme. Elle a donc dû faire appel à des entreprises externes, par exemple en moulage pour des injections plastiques. Maintenant c'est une plateforme, avec une expertise unique, qui produit des pièces haut de gamme pour des fabricants de bicyclettes, en concertation avec plein de designers externes.

Comment bien faire cette innovation ouverte ?

Le plus dur pour une PME, c'est de savoir comment traiter avec les grandes entreprises, qui sont plus organisées, ont des avocats et de l'expérience pour mettre la main sur une propriété intellectuelle. Si une PME a quelque chose d'intéressant mais que les grandes entreprises peuvent juste mettre la main dessus, il n'y a pas de long terme pour elle. Elle doit trouver le moyen de rester nécessaire et unique, et pas juste se faire dévorer. Les biotech se mettent dans des niches pour devenir des pionniers internationaux. Par exemple en thérapie cellulaire. Elles développent des thérapies pour les multinationales, donc elles ouvrent leur propriété intellectuelle mais elles gardent la plateforme-clé qui leur sert à subsister. C'est difficile. Il faut garder la main sur la clé mais s'ouvrir suffisamment pour devenir une plateforme, un pionnier, un standard pour le reste du monde.

Sur le même sujet
Organisation
 
À la Une du Soir.be
À découvrir sur Le Soir +
 

Vos réactions

Règles de bonne conduite / Un commentaire abusif? Alertez-nous

Le choix de la rédaction
  1. L’annonce qui a suivi le Codeco rimait avec espoirs déçus.

    Comité de concertation: avec la peur d'une troisième vague, tout espoir est reporté

  2. Hospis

    Coronavirus: un pic à 204 admissions en un jour a calmé toutes les ardeurs

  3. HEALTH-CORONAVIRUS_BELGIUM (2)

    Coronavirus: «S’il y a une leçon à tirer, c’est qu’il faut éviter les effets d’annonce»

La chronique
  • Alexander De Croo, Jean-Marc Nollet et le Doudou: les gagnants et les perdants de la semaine

    Les gagnants

    Alexander De Croo

    A tout seigneur, tout honneur : le Premier ministre ouvre notre rubrique comme il a débuté la semaine, en s’imposant comme numéro un, en reprenant la main tout seul comme un grand pour offrir une leçon argumentée de lutte contre l’épidémie. Pas besoin à ses côtés d’un ministre de la Santé glaçant ou de ministres-présidents agaçants. Le boss de la Vivaldi, c’est Alexander, qu’on se le dise ! On attend la suite, bien entendu…

    La mer

    Comme d’autres au bois de la Cambre ou au parc liégeois de La Boverie, certains de nos compatriotes ont choisi la mer pour prendre un grand bol d’air. On a cru un moment qu’il s’agissait d’un hommage à Charles Trenet décédé vingt ans plus tôt. Vous savez : « La mer qu’on voit danser… » Mais non ! Si ces...

    Lire la suite

  • Les grands masques (de l’Etat) inutiles…

    On peut difficilement envisager pire tuile pour la fiabilité et la force de conviction de la parole publique. Après des mois d’un message poussant et exhortant les gens à porter un masque buccal pour protéger les autres, ne voilà-t-il pas que le ministre de la Santé est obligé de pousser et d’exhorter à ne surtout pas porter le masque que l’Etat a distribué au motif qu’il pourrait nuire à leur santé.

    C’est sur toute une...

    Lire la suite