Le gaming aux manettes du recrutement

Le gaming aux manettes du recrutement

Le talent est une denrée rare. Alors les entreprises multiplient les efforts pour attirer les meilleurs profils. Vous vous êtes mis sur votre 31. Malgré une nuit agitée, vous êtes prêt pour l’entretien d’embauche. Après quelques minutes d’échange, le recruteur vous tend une tablette et vous propose de… jouer. Surprise ? Pas vraiment ! Face à une génération de gamers, l’introduction du jeu vidéo dans les processus de sélection semble plutôt une évidence. Mais détrompez-vous : l’idée n’est pas de s’installer derrière une PlayStation pour tester vos compétences à FIFA19. Dans le contexte HR, le gaming prend l’avatar d’un véritable outil d’analyse, qui vous place en situation réelle.


Moonshield, le serious game version Thalès

Plonger dans le bain

Si les recruteurs recourent au gaming, c’est d’abord pour rendre les processus d’embauche plus simples, efficaces et moins couteux. Un véritable outil d’aide à la décision pour les DRH. Terminé les lettres de motivation creuses que plus personne ne veut écrire… ni lire. Plus que cela, le serious game permet d’évaluer votre comportement dans une situation professionnelle concrète : révéler vos aptitudes, votre créativité ou vos capacités à résoudre des problèmes. Bref, un test grandeur nature qui dresse un portrait plus fidèle et objectif, sans le stress de l’(inutile?) entretien.

Bien plus qu’un jeu

L’autre atout de la gamification ? Valoriser la « marque employeur » à vos yeux. Des geeks, pour qui « rencontrer son boss » évoque davantage la fin d’un niveau, mais surtout une génération qui accorde beaucoup de valeur à la culture d’entreprise. À une époque où la guerre des talents fait rage, les DRH multiplient donc les efforts pour tenter de convaincre les digital natives de rejoindre leurs rangs. Le gaming est l’un de ces leviers... Mais pour les sociétés, no cheating allowed ! Derrière le serious game, il faut créer de l’engagement à long terme, afin que le jeu ne se résume pas à de la poudre aux yeux.

Des démos, plutôt que des mots

Le progrès technologique accélère le phénomène, mais le business gaming n’est pas neuf. Dès les origines des jeux vidéo, certains secteurs — l’armée, l’aéronautique, le monde médical, etc. — s’en sont saisis. En 2011, le groupe Thalès attirait une foule de candidats avec Moonshield. À la même époque, My Mariott Hotel mettait les candidats aux prises avec l’univers de l’hôtellerie, Siemens lançait Plantville et L’Oréal recrutait grâce à Reveal. Du côté de PwC, Multipoly Next permet encore aux futurs employés de plonger au cœur de l’entreprise. Ou encore le célèbre Wasabi Waiter de la startup Knack. Autant d’expériences, avec des résultats parfois mitigés...

Game over? Pas vraiment!

Comme l’explique Idriss Aberkane, le jeu change peu à peu le monde dans toutes ses dimensions. L’intelligence artificielle, la réalité virtuelle, le machine learning, le big data, la puissance des algorithmes, autant d’innovations qui risquent de rendre le serious game encore plus… sérieux.

 

Sur le même sujet
HR
 
À la Une du Soir.be
À découvrir sur Le Soir +
 

Vos réactions

Règles de bonne conduite / Un commentaire abusif? Alertez-nous

Le choix de la rédaction
  1. «Il faut identifier, année par année, en lien avec le travail fait par l’administration de l’Enseignement, ce qui doit absolument être acquis pour permettre la suite du parcours scolaire.»

    La ministre de l’Education Caroline Désir: «On ne construit pas l’avenir sur du sable»

  2. De nombreuses troupes militaires ont été appelées à défendre le Capitole, ici du Minnesota.

    Washington en état de siège à deux jours de l’investiture de Joe Biden

  3. Les voyageurs de retour en Belgique, comme ici à Brussels airport, pourraient être soumis à de nouvelles règles.

    Renforcer les mesures pour les voyages à l’étranger: le kern va devoir trancher

La chronique
  • La chronique Carta Academica: «Vers des soins de santé durables en Belgique? Un monde en mutation»

    La pandémie de Covid a cruellement mis en évidence les dysfonctionnements de notre système de soins de santé. Si les soignants de terrain se sont jetés corps et âme dans la lutte contre la maladie, ils ont rarement eu les moyens d’y faire face adéquatement et en sécurité. Les conséquences pour la population sont énormes. La complexité de notre fameuse « lasagne institutionnelle », le sous-financement des soins et l’absence d’anticipation de crises sanitaires pourtant prédites par de nombreux spécialistes, y ont largement contribué. Il semble qu’actuellement, la volonté politique de remédier à ces difficultés existe. Le temps est donc venu d’ouvrir le débat sur les objectifs et l’organisation des soins de santé du futur (proche).

    Par ailleurs, nombreuses sont les voix qui se sont élevées pour demander que nous prenions collectivement la mesure de l’avertissement sévère que nous adressent l’...

    Lire la suite

  • Ne pas faire de la troisième vague un raz-de-marée de mal-être

    Moins 1,5 % de produit intérieur brut, en moyenne, pour le reste de ce siècle… C’est selon l’OCDE, le risque que court l’économie mondiale en raison de l’impact de l’épidémie sur la scolarité. Une mauvaise nouvelle de plus ? Pas si sûr… Si l’on excepte le cas particulier du printemps où dans le monde entier les écoles ont fermé leurs portes, la situation belge est moins préoccupante que celle de nombreux pays d’Europe. Les trois Communautés du pays – ouvertement soutenues par le pouvoir fédéral – ont fait le choix de maintenir...

    Lire la suite