Ces entreprises qui encouragent leurs salariés à jouer aux Lego

Ces entreprises qui encouragent leurs salariés à jouer aux Lego

Empiler des briquettes et des figurines, c’est comme faire un dessin, c'est en quelque sorte opérer un retour en enfance. Sans connotation péjorative, simplement en allant à l’essentiel. C’est ce que propose le Lego Serious Play, l’outil managérial qui consiste à représenter en 3D un propos ou une situation grâce aux célèbres jouets danois. 

Une meilleure communication  

« Il y a une perte de contrôle quand on fait des Lego. On n’est pas toujours totalement conscient de ce qu’on est en train de construire donc ça permet d’exprimer des choses qu’on n’exprimerait pas autrement, explique Émilie Vandenborne. Coach chez idcampus, la facilitatrice est convaincue de la pertinence de la méthode pour améliorer la communication au sein d’une équipe.  

« Parfois, on ne sait pas trop quoi répondre à une question mais construire sa réponse avec des Lego peut aider à clarifier et structurer sa pensée. Et, par ricochet, tout le monde autour peut voir la réalisation et comprendre des choses qu’on n’aurait pas questionné sans ce média-là. »  Et qui dit meilleure communication et meilleure compréhension dit aussi meilleure cohésion et donc plus grande... efficacité. 

La méthode n’est pas récente. Elle est née il y a plus de 20 ans pour élaborer la nouvelle stratégie du groupe Lego. Et depuis 2010, elle fait des adeptes aux quatre coins du monde. En Belgique cependant, elle est encore loin d’être une pratique courante, même si elle a déjà suscité l’inspiration.  

Un acteur en Belgique 

Longtemps manager R&D dans des grandes entreprises, Maxime Castera a ainsi inventé son propre outil managérial par le jeu, Teampitfalls. Le point de départ est le même, des Lego, mais la finalité va plus loin : « le Lego Serious Play, je l’utilise parfois mais c’est plus pour développer une idée ou une vision par rapport à un sujet spécifique, alors que là le but est vraiment de faire ressortir les dysfonctionnements d’une équipe dans un environnement sécurisant. » 

Concrètement, les participants ont quelques heures pour parvenir à construire un robot, en équipe. Ils se retrouvent alors dans une situation similaire à celle d’un projet, avec une mission et du stress généré par la contrainte de temps et un certain manque de compétences. « Ils vont passer par toutes les phases de dysfonctionnement d’une équipe lors de la prise de décision, de la distribution des rôles, etc. Mais comme il y a le côté ludique, ils seront beaucoup plus ouverts au feedback et à la discussion qui va durer au moins 1h30. »   

Bien plus qu’un team building 

Et l’inventeur de la méthode de poursuivre : « paradoxalement, on pourrait penser que ce sont les équipes techniques qui s’en sortent le mieux puisqu’il y a de la construction et un peu de programmation mais souvent ce sont plutôt les équipes RH, marketing et autres parce qu’elles manquent justement de compétences et donc s’écoutent mieux. » 

Objectif pour les joueurs au final : comprendre comment fonctionnent leurs collègues pour mieux collaborer à l’avenir. Officiellement lancé il y a un an, le concept a déjà convaincu Belfius, AB Inbev, Besix, Safran ou encore Ingenico. Bref, des grosses sociétés car « ce sont surtout elles qui ont besoin d’une prise de conscience. » 

Et le Français expatrié en Belgique ne compte pas en rester là. Avec quelques aménagements, sa méthode se prêterait particulièrement bien selon lui au recrutement de nouveaux collaborateurs, au même titre qu’un escape game par exemple. « On peut facilement faire semblant d’être quelqu’un d’autre pendant 10 minutes d’entretien. Pendant 2h30 sous pression en revanche, c’est plus difficile », conclut-il. 

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