Ces Belges qui coupent le câble... télé

Ces Belges qui coupent le câble... télé

Jamais autant d'Américains n'ont résilié leur abonnement à la télévision payante pour privilégier des services vidéo à la demande. Selon une étude eMarketer, ils étaient 33 millions fin 2018, soit 33% de plus que l'année précédente. Prévisions pour 2022 ? 55 millions de personnes.

De la mire à la grille d'applications

Les causes sont connues et multiples : des prix jugés élevés et des modifications fondamentales dans la consommation de télévision, au travers d'applications directement accessibles depuis le téléviseur ou une box (Apple TV, Smart TV, Chromecast). Parmi ces applications, Netflix règne en maître absolu, avec 130 millions d'abonnés dans le monde (dont environ 1 million chez nous, aux dernières estimations), juste devant Amazon Prime.

Pour endiguer le phénomène, les Américains ont réagi dès 2014 en créant des offres accessibles depuis internet (smartphone, tablette, smart TV) : DirectTV Now, PlayStation Vue, Sling TV et Hulu comptent désormais plusieurs millions d'abonnés. Même phénomène en France, où Molotov (racheté par Altice) se rêve en Spotify de la télévision numérique et où Canal+ remplace son décodeur maison par une Apple TV.

Belgique : réactions en ordre dispersé

Le modèle américain a servi de leçon. En Belgique aussi, une forme de résistance s'organise et de nouveaux acteurs voient le jour. Ainsi, Medialaan a lancé Stievie, une application permettant de regarder les principales chaînes flamandes depuis n'importe quel écran... gratuitement. En payant moins de 10 euros, on accède à 18 chaînes au lieu de 7 et on dispose d'un accès à la demande.

Pour l'heure, le Sud du pays reste à la traîne et ne dispose d’aucune offre fédératrice. Chacun y va de sa tentative pour occuper le terrain : Auvio à la RTBF, RTLPlay, VooMotion et même BeTV Go sont désormais accessibles en Chromecast ou via l'Apple TV. Une solution permettant aussi d'endiguer le phénomène de l'IPTV, ces boîtiers donnant accès à des milliers de chaînes, séries et films... dans l'illégalité la plus totale. Pour Simon De Coster, à la tête du service juridique de la RTBF, ce phénomène toucherait déjà "deux ou trois pourcents de l’ensemble des ménages wallons et bruxellois".

Les opérateurs revoient les offres

Eux aussi tentent de suivre le mouvement. Ainsi, en février, Telenet a lancé un abonnement sans décodeur TV. L'offre Yugo se contente d'une connexion internet fixe ou mobile : les contenus (en direct ou à la demande) se consomment par le biais d'une application mobile. Proximus avance dans la même direction : un abonnement Epic devrait voir le jour en avril avec une connexion à internet fixe. Proximus prépare également un décodeur basé sur Android. Traduction : Proximus TV devient progressivement... une application comme une autre. Chez Orange se prépare une offre "internet only" depuis le printemps 2018. Pour son CEO, Michaël Trabbia, c'est carrément devenu “une évidence” sur le marché belge.

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