Management participatif : dans les coulisses de Sodexo

Management participatif : dans les coulisses de Sodexo

Il y a un an, le CEO fraîchement nommé de Sodexo BRS décidait de convertir la société au management participatif. Sa conviction : ceux qui font sont les plus à même de savoir ce qui doit être fait et comment le faire.

L’entreprise compte près de 300 salariés. Il y a donc bien un management, c’est obligatoire. Mais le mot d’ordre c’est l’autonomie. Chacun prend les décisions qu’il estime être nécessaires, soutenu en cas de difficulté par son supérieur.

S’appuyer sur les volontaires

La redéfinition des rôles ne s’est pas faite sans effort. Au contraire, chacun a dû y mettre du sien. “Il faut s’appuyer sur les volontaires. Ça suppose une adaptation de chacun, notamment des managers, et ensuite il y a un effet tâche d’huile qui se met en place dans l’entreprise”, reconnaît Jérôme Lemouchoux, le CEO de Sodexo BRS.

Le comité de direction reste maître de la vision et des objectifs à atteindre. Pour le reste, chacun a voix au chapitre. “Le but n’est pas d’arriver à l’unanimité, ce n’est pas possible, mais c’est que tout le monde accepte les décisions et puisse vivre avec”, précise le CEO. Chaque décision opérationnelle ou organisationnelle fait ainsi l’objet de débats.

Parfois, les volontaires donnent simplement leur avis, lors du recrutement d’un nouveau collaborateur par exemple, mais parfois ils sont eux-mêmes à l’origine du changement. Hélène de Leuze, Customer Value Proposition Manager, a participé à l’un des workshops destinés à repenser la collaboration entre deux départements : “on définit ensemble ce qu’on estime être la meilleure manière de travailler ensemble, puis on fait un feedback au comité de direction, en disant comment, nous, on estime travailler de la manière la plus optimale possible. On leur dit voilà, à partir de demain, c’est comme ça qu’on travaillera.”

Teams on mission

Même approche bottom-up en cas de problème. Là, ce sont les TOM (Teams on mission) qui montent au créneau. Une trentaine a déjà vu le jour depuis l’adoption du management participatif chez Sodexo. "Un TOM c'est un ensemble de personnes qui vont répondre à un problème et qui vont, dans un premier temps, analyser la situation, ils vont tester différentes solutions et, lorsque ça répond à nos attentes, veiller à ce que ce soit étendu au niveau de l'ensemble de l'entreprise", explique Frank Van Isterdal, Process & Knowledge Manager.

Et apparemment, la formule fonctionne. Le CEO n’y renoncerait pour rien au monde : "si une personne se sent bien dans son travail, est capable de s'épanouir, naturellement elle va bien servir ses clients, elle va être innovante et donc les résultats de l'entreprise vont s’en ressentir.”

Sur le même sujet
Management
 
À la Une du Soir.be
 

Vos réactions

Règles de bonne conduite / Un commentaire abusif? Alertez-nous

Le choix de la rédaction
  1. La mort tragique de George Floyd, dont les manifestants scandent le nom - ici, en sit-in à Raleigh, en Caroline du Nord -, aura servi de catalyseur à une colère grandissante.

    Etats-Unis: un déferlement de violence, exutoire aux failles de la société

  2. Image=d-20200503-GG2DT2_high

    Certains Belges n’ont toujours pas reçu de masques

  3. d-20191022-3WU08Z 2020-02-14 13:30:22

    Evolution de la propagation du virus en Belgique: les hôpitaux se vident, surtout en Wallonie (infographies)

La chronique
  • Après la solidarité, le partage?

    Il est des débats dont personne ne sort gagnant. Ni l’objet, ni les participants, ni les intéressés. Des refrains qui deviennent des ritournelles. Le disque s’use, s’enraye, s’épuise, et finalement se reprend et repart. La ritournelle… Celle de la fusion des polices locales bruxelloises, après certains faits divers, pas tous, sans que l’on sache vraiment pourquoi parce que ni le manque de dialogue ni l’absence de concertation entre zones n’est une cause identifiée du problème… Celle de la négation ou mise sous tutelle d’une Région qui n’en serait pas vraiment une lorsque Bruxelles se fait trop complexe, trop encombrante, trop entreprenante dans une politique d’enseignement, de culture ou de petite enfance. Celle d’une ville morcelée entre des baronnies, aux nobles seigneurs (les bourgmestres), privilégiant leur once de pouvoir à l’efficacité de l’action publique.

    Celle d’une capitale qui mériterait bien peu son titre, parce qu’inhospitalière pour les autres habitant(e)s du Royaume que les sien(ne)s, ingrate envers celles et ceux qui, au-delà de ses frontières, la font vivre. Ces couplets-...

    Lire la suite

  • Un baromètre pour regarder la crise économique dans les yeux

    La double peine, c’est ce que nous inflige le Covid-19 : les morts d’abord, les destructions d’emploi en vue. Deux terribles factures qui s’enchaînent : à peine venons-nous de quitter le pic du nombre de décès, des contaminations et de la crise sanitaire que nous plongeons dans le pire de la crise économique.

    Si nos systèmes de santé ont été confrontés à une pandémie sans précédent inattendue, impréparée et inédite, notre système économique, lui, fait face au défi le plus lourd depuis la Seconde...

    Lire la suite