Le dessin, vecteur de communication

Le dessin, vecteur de communication

Des croquis et des mots-clés, tous reliés au sein d’une structure bien définie... le visual thinking se fait peu à peu sa place au sein des entreprises. L’idée : les grands discours sont difficiles à comprendre et suscitent souvent peu l’intérêt de l’auditoire. Résultat, ils laissent malheureusement peu de traces.

Un dessin, lui, a le mérite d’attirer l’attention. “ On a de plus en plus d’informations et de moins en moins de temps pour la digérer, donc le fait de prémâcher l’information en la rendant visuelle, ça permet d’en absorber davantage, souligne Paule André, fondatrice d’Innerfrog.

Une meilleure compréhension

Autre avantage : la facilitation graphique rend le discours plus digeste et permet à ceux moins à l’aise à l’oral de se faire entendre au sein d’un groupe de travail. “ La plupart des gens ont l’impression de ne pas être écoutés, et le fait de capturer immédiatement ce qu’ils disent, de le mettre sur le papier, change la donne “, d’après Paule André.

Le propos est alors validé avec les collègues, qui ressortent de la réunion les idées au clair. “ Quand on ajoute des dessins, les gens sont plus actifs et s’approprient plus facilement le contenu. Ils vont plus souvent intervenir et donner leur avis ”, précise Christine Englebert, facilitatrice et formatrice à l’ICHEC.

La plupart des personnes amenées à travailler en équipe ou à présenter leurs travaux peuvent théoriquement y trouver leur compte selon elle. Même s’il faut être prêt à s’essayer à de nouvelles pratiques. “Pour celui qui reçoit le visual thinking, ça convient à beaucoup de monde parce qu’on est très visuel. Mais pour celui qui le pratique, c’est un peu différent parce qu’il faut se réapproprier ce langage visuel et certaines personnes s’y retrouvent un peu moins “.

Pas besoin d’être artiste

Aucune inquiétude en tout cas, la facilitation graphique ne nécessite en rien d’être expert en dessin. Ce qui compte surtout, insiste Paule André, c’est le sens : “ le dessin ne doit pas être compliqué, il doit être là pour supporter le message. C’est le fait de faire un dessin qu’on reconnaît très vite qui est important.

Depuis quelques années, des formations existent en Belgique pour apprendre, aux chefs d’équipes par exemple, à maîtriser la technique. Malgré tout, si le besoin s’en fait sentir, la tâche peut être déléguée à des professionnels. Les visual shakers, comme on les appelle, assistent à vos réunions, ateliers et conférences pour en retranscrire visuellement le contenu.

Un outil peu utilisé

Repopularisé par David Sibbet aux Etats-Unis, le visual thinking reste encore relativement peu courant en Belgique, si ce n’est sous forme de mind maps, l’une des techniques utilisées en facilitation visuelle. Ce n’est cependant pas la seule, les sketchnotes par exemple en sont une autre.

Sans surprise, d’après Christine Englebert, ce sont surtout des start-up, revendiquant un modèle proche de l’entreprise libérée, qui y ont recours : “ ça fonctionne mieux dans les entreprises libérées, avec une vision collaborative, parce qu’on s’y sent plus autorisé à être créatif. Dans une entreprise très hiérarchique à l’ancienne, on ne voit pas toujours ça d’un bon œil. Ça ne veut pas dire que ça ne marche pas, c’est juste une question de regard.

 

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