Digital nomad en Asie du Sud-Est, comme si vous y étiez

Digital nomad en Asie du Sud-Est, comme si vous y étiez

Louise et Gaëtan, 29 et 28 ans, sont tombés amoureux il y a un peu plus d’un an. Un coup de foudre qui les a rapidement mis sur la route du voyage, d’abord pour cinq mois en Asie, puis ailleurs dans le monde. Respectivement assistante éditoriale et entrepreneur touche-à-tout, ils emmènent chacun leur bureau au gré de leurs envies. Mais toujours avec l’envie de revenir un jour en Belgique pour y construire leur vie. Ils racontent.

 

« La principale difficulté : le wifi sera-t-il bon ? Au Vietnam, par exemple, il y a en a partout mais dès qu’on décide de passer trois jours sur l’eau à 45 minutes de la terre ferme, c’est moins évident. On a WhatsApp mais c’est tout. Au Laos, c’était encore moins facile. Dans certains pays, le mot de passe du wifi est affiché sur le mur de chaque café, de chaque hôtel. Mais on ne sait jamais si ce sera le cas dans d’autres parties du monde. Il faut parfois du temps pour trouver le bon endroit pour dormir. Le critère du wifi est devenu primordial, ce qui peut limiter les choix de logement. 

Nous connaissons aussi un déphasage avec nos clients ou nos collègues à distance, on bosse parfois le dimanche, on envoie des e-mails à 3 heures du matin. Parfois, on doit gérer des appels téléphoniques depuis les Etats-Unis, c’est-à-dire avec un décalage horaire de 12 heures. 

En fait, on réalise vite qu’on n’est pas vraiment en voyage car il faut travailler. On ne peut pas tout visiter et c’est parfois frustrant de faire des choix. On croise parfois des gens qui ne voyagent que deux ou trois semaines et qui ont visité plus que nous. Mais ça permet aussi de mieux connaître la vie locale. 

L’autodiscipline est aussi importante. Pour nous, ça n’a pas été difficile car on aime travailler. Mais il a fallu trouver une routine « travail-visite », il faut un peu de temps. 

digital nomad Asie du Sud-Est

Le contact avec les autres n’est pas toujours simple car en fait, même si on travaille dans un café, on reste longtemps concentrés sur un écran et on n’a pas forcément d’interaction avec l’entourage. Cela fait un petit temps qu’on n’a plus croisé d’autres voyageurs avec qui socialiser, car nous sommes dans une semaine de travail intense où nous voulons avancer sur des projets avant d’aller au Cambodge, où nous souhaitons avoir un peu de temps libre pour découvrir le pays. 

La nourriture européenne nous manque beaucoup. On ne réalise pas assez la diversité gastronomique à laquelle on peut accéder en Belgique. On en a parfois « ras-la-nouille » ici à force de manger les mêmes plats locaux. Il y a un mal du pays qui peut se développer, le sentiment d’être loin, une envie de « dîner du dimanche en famille » ou d’apéros tapas-gin tonic entre amis.  

Cela dit, on ne regrette pas de vivre cette expérience, des mois à faire et défaire nos sacs, en transit, les habits à moitié dans le sac, à moitié dans l’armoire de la chambre d’hôtel, sans jamais être réellement chez soi.  Cela peut peser au bout d’un moment. On rêve parfois de télétransportation, le temps d’une soirée, pour prendre un bon bain, flâner dans un fauteuil, être dans la cuisine. Et le lendemain revenir ici, en Asie, comme une parenthèse, un retour au pays salvateur. La routine métro/boulot/dodo peut être rassurante par moments. 

A propos de métro, le facteur « trajet » entre les destinations prend pas mal de temps, souvent un jour ou deux quand on bouge d’endroit. On a parfois l’impression de ruiner un peu ces « temps libres », qui sont souvent des heures perdues dans des bus bondés. Cela dit, la vue est toujours magnifique et tous ces aspects moins « glamour » de notre projet de voyager en travaillant sont vite estompés par une certitude : c’est une aventure unique que nous ne regretterons jamais. » 

 

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