Le bootstrapping ou comment financer sa start-up avec les moyens du bord

Le bootstrapping ou comment financer sa start-up avec les moyens du bord

Depuis le 1er mai, plus besoin de capital minimum pour démarrer sa société. En théorie, certes. Mais dans la pratique, lancer sa start-up requiert quand même le plus souvent une certaine mise de fonds. Et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’à ce stade de développement les investisseurs extérieurs se bousculent rarement au portillon. Il faut donc pouvoir se débrouiller avec les moyens du bord. 

Le prix de la liberté 

Bien sûr, il est toujours plus confortable de disposer d’un petit pactole pour démarrer son activité. Mais s’autofinancer a aussi ses avantages. Premier d’entre eux : vous ne devrez pas passer des semaines ou des mois à démarcher les investisseurs et donc à peaufiner votre plan financier, même si celui-ci se doit bien évidemment d’exister.  

Mais surtout, vous ne devrez rien à personne. C’est loin d’être négligeable. Personne ne regardera en effet par-dessus votre épaule. En clair, vous serez le seul maître à bord. Vous serez libre d’innover et d’orienter vos choix comme vous l'entendez. Assurez-vous simplement de lever de temps en temps le nez du guidon, histoire de ne pas vous obstiner dans une voie sans issue. 

5 trucs et astuces 

Lever des fonds n’est pas une fin en soi pour une start-up naissante, loin de là. Des pistes existent pour grandir sans passer par la case « investisseurs ». 

Ciblez bien votre domaine d’activité 

Vous lancer dans un domaine que vous ne connaissez pas risque de vous conduire tout droit à l’échec. Connaître les ficelles du secteur, et surtout les bonnes personnes, en revanche, peut grandement vous faciliter la tâche. Quoi de mieux en effet qu’un bon réseau déjà constitué pour faire ses premiers pas à moindre frais. 

Et n’oubliez pas, toutes les activités ne requièrent pas la même mise de départ. Là où la biotech et la pharma exigeront d’être soutenues par exemple par une université ou un incubateur, une nouvelle application ou un site d’e-commerce peut ne nécessiter de quelques milliers d’euros. Surtout que vous pouvez commencer petit. Avant de viser un grand restaurant gastronomique, démarrez peut-être avec un foodtruck !   

  1. Gardez un revenu si possible 

L’idéal est de consacrer un maximum de temps à sa nouvelle activité d’entrepreneur. Mais bien souvent, au début, elle ne rapporte rien. La combiner avec un emploi plus stable, à temps partiel par exemple, peut donc être une solution pour rester à flot. Cela vous permettra aussi de prendre le temps de tester votre idée et de « pivoter » si nécessaire. 

  1. Limitez les dépenses 

Bootstrapper revient souvent à engager ses propres économies. Évitez donc les dépenses inutiles. Votre entourage peut peut-être vous prêter du matériel ou vous aider à installer tel ou tel logiciel. Si ce n’est pas le cas, pensez aux partenariats et aux échanges de produits ou de services. Optez aussi pour des logiciels gratuits plutôt que de payer des licences, et n’hésitez pas à utiliser les réseaux sociaux. Enfin, tant que c’est possible, travaillez de chez vous. Il sera bien temps de louer un bureau quand votre start-up aura décollé.   

  1. Pensez aux aides publiques et autres prix 

Éviter d’avoir recours à des investisseurs extérieurs ne vous empêche pas de prendre l’argent là où il se trouve. À Bruxelles comme en Wallonie, des aides à l’entrepreneuriat existent, sous forme de primes ou de réductions de cotisations ONSS par exemple. C’est généralement modeste mais toujours bon à prendre. 

Autre option : les concours de création d’entreprises ou Startups Awards. Ils se multiplient en Belgique ou à l’international, organisés par des institutions publiques, des incubateurs, des banques ou encore des marques grand public. À la clé : de l’argent souvent, mais aussi de la visibilité, de networking et parfois même du mentoring. 

  1. Jouer la fidélisation de vos clients 

En Belgique, d’après L’Atlas des créateurs réalisé par Graydon, l’UCM et l’Unizo, entre 3 et 4 entreprises sur 10 ne passent pas la barre des 5 ans. Cause de la faillite dans un quart des cas : les impayés. Veillez donc à assurer un suivi sérieux de vos factures – des applications vous y aident – et à privilégier un business model qui vous permette de garantir une certaine stabilité de vos rentrées. Plutôt que des ventes sèches par exemple, pourquoi ne pas proposer des formules d’abonnement ou des services supplémentaires ? C'est le choix qu'a fait Kazidomi. Une fois l'activité profitable, vous pourrez alors réinvestir les gains pour la faire grandir.  

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