Pourquoi les grandes sociétés aident-elles les petites à démarrer ?

Pourquoi les grandes sociétés aident-elles les petites à démarrer ?

Kadalys commercialise des produits cosmétiques faits à partir de bananes des Caraïbes. Du 100% naturel, 100% fair trade. Sa fondatrice, Shirley, s’est lancée dans l’aventure il y a 3 ans. Seule, sans participer à aucun coaching, sans bénéficier de l’aide d’un incubateur. Mais depuis un peu plus de 6 mois, elle et ses 3 collaborateurs ont intégré l’accélérateur de L’Oréal sur le site de Station F à Paris.  

« On a des sessions de mentoring avec des personnes qui ont 10 à 15 ans d’expérience en R&D, en développement de produits, en marketing, en stratégie, etc., explique Carole Nguyen, responsable marketing de la marque. On n’aurait jamais rencontré ces gens autrement. On est aussi dans un écosystème d’entreprises qui ont les mêmes problématiques donc on échange les best practices. »  

Coaching intensif 

3 à 4 jours par semaine, des experts du groupe français viennent dispenser leurs conseils. Des conseils qui permettent à l’équipe de Kadalys de mieux négocier les étapes importantes de son développement. « Ils nous accompagnent sur la question des tests cliniques par exemple. On va se caler sur leur charte », précise la trentenaire. 

Et la responsable Open Innovation et Services chez L’Oréal, Camille Kroely, de compléter : « on leur apporte aussi des opportunités de communication, en partenariat avec nous, voire jusqu’à des prises de participation via notre fonds d’investissement corporate. »  L’objectif n’est cependant pas le financement. Plutôt l’accompagnement. D’après l’OCDE, les jeunes pousses soutenues par un incubateur ou un accélérateur ont de meilleures chances de survie, de meilleurs résultats financiers et créent plus d’emplois. 

De l’inspiration mutuelle 

Mais c’est aussi un échange de connaissances et de bonnes pratiques. Car les start-up résidentes de l’accélérateur ne sont pas les seules à profiter de l’écosystème qui se crée sur place. Loin de là. Si L’Oréal met autant d’énergie à encadrer ces entrepreneurs débutants, ce n’est évidemment pas par philanthropie. 

« C’est de l’inspiration mutuelle. Nos experts voient ainsi que les choses peuvent être faites différemment, précise Camille Kroely. Et puis, ceux qui inventeront le futur, ce sont ceux qui créeront des partenariats en co-création avec des acteurs de la beauté mais aussi d’autres secteurs. C’est pour ça qu’on travaille par exemple avec des start-up de service qui font de la beauty tech. » 

Un mentoring lourd à porter ? 

Il y a quelques années, l’Oréal a entamé sa révolution verte, développant fortement son pôle RSE (responsabilité sociétale des entreprises, ndlr). Il n’empêche, les accusations de greenwashing et de cruauté animale restent récurrentes. Difficile à gérer pour une jeune entreprise comme Kadalys, très portée sur la durabilité, le bio et la naturalité. 

« On a une partie de notre communauté qui est très engagée donc on fait très attention pour que cette expérience au sein de l’incubateur ne soit pas mal interprétée, reconnaît Carole Nguyen. On explique que notre but n’est pas de devenir l’Oréal mais que c’est une opportunité que peu d’entreprises ont. Bio ou pas, on a beaucoup à apprendre d’eux. » C’est d’ailleurs le géant français des cosmétiques qui a convaincu Kadalys de communiquer pour faire de ses valeurs et de son identité un avantage marketing. Aucun doute, et l’élève et le maître ont à y gagner en termes d’image !   

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