Le zéro déchet, objectif réaliste ou utopie ?

Le zéro déchet, objectif réaliste ou utopie ?

Réutiliser, réparer, acheter en vrac, amener ses propres boîtes au supermarché… Alors que certains traquent le gaspillage alimentaire, d'autres vont encore un pas plus loin en tentant de réduire voire de supprimer tous les déchets quels qu'ils soient. Une tâche loin d'être facile, même si l’environnement peut aider.  

Un défi personnel pour le zéro déchet 

« Quand j’habitais à Saint-Gilles, c’était beaucoup moins compliqué car c’est une commune où les habitants ont une plus grande conscience écologique », explique Amélie qui s’est lancée le défi personnel du zéro déchet il y a maintenant près de deux ans. « Les petits commerçants luttent beaucoup contre le gaspillage et il y a beaucoup d’associations qui visent le zéro déchet. C’est moins le cas à Anderlecht ».  

Il faut tout de même un minimum d’organisation. « Je me déplace beaucoup à vélo et j’ai toujours des boîtes au cas où je trouve quelque chose. Parfois, il faut aussi faire quelques magasins de plus pour trouver un commerçant qui vend en vrac », ajoute la Bruxelloise de 36 ans qui ne vise pas le zéro déchet que dans l’alimentaire.  

« C’est encore plus compliqué dans les produits ménagers, les produits de beauté… il faut se documenter et tester car tout ne marche pas d’un seul coup. Cela demande de la recherche et un peu de travail ». Si les initiatives personnelles comme Amélie font avancer les choses, ce n’est pas pour cela que toutes les entreprises adaptent leurs processus pour générer moins de déchets.  

Apporter une réponse systémique 

Comment ‘pousser’ les sociétés à s’adapter ? « Il faut reconnecter le dialogue entre entreprises et consommateurs et apporter une réponse à un problème systémique », explique Anthony Naralingom, coordinateur du cluster circle made chez hub.brussels, qui dans le cadre de l’économie circulaire aide les entreprises à éviter de produire des déchets. « Nous aidons les PME et start-up à construire un modèle économique qui tienne la route tant au niveau économique qu’environnemental ».  

Les habitudes des consommateurs commencent à changer. Un aspect que les petites entreprises commencent à prendre en compte, contrairement à de nombreuses grandes entreprises mondiales, qui rechignent souvent à réduire leurs déchets. « Le consommateur s’attarde parfois sur le produit final. Il peut y avoir moins de plastique dans l’étal, mais beaucoup plus en amont dans les processus pour y arriver. Ce qui peut être aberrant au final ».  

« C’est physiquement et techniquement possible » 

Le zéro déchet, une utopie dans un monde idéal ? « Non c’est faisable ». Faisable aujourd’hui, notre expert est-il optimiste ? « Je suis variable », ­dit-il en souriant. « Ce qui est intéressant, c’est que techniquement et physiquement, c’est possible. Mais est-ce que ça l’est ‘socialement’ ? Est-ce qu’on peut tous se mettre d’accord pour avancer dans cette direction entre citoyens, politiques et acteurs économiques ? Cela demande de réfléchir en profondeur à comment on fonctionne, comment on peut entamer ce changement. C’est ça la vraie question », conclut Anthony Naralingom  

 

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