Et si vous deveniez le mentor de votre patron ?

Et si vous deveniez le mentor de votre patron ?

Qui a dit que le savoir n’appartenait qu’aux anciens ? Alors que le monde du travail vit sa révolution numérique, l’affirmation n’a jamais été aussi fausse. La génération Y, en passe de devenir la plus représentée dans les entreprises, est la première à avoir grandi avec Internet. Une plus-value non négligeable. 

Qui mieux en effet que ces digital natives pour aider les seniors à apprivoiser le monde des réseaux sociaux, des applications, de l’e-commerce, voire pourquoi pas de l’intelligence artificielle ? De plus en plus d’entreprises l'ont bien compris, mettant en place des programmes de reverse mentoring. Parmi elles : des grands groupes surtout, comme Danone, Orange, ou encore IBM. 

Une relation d’échange 

Le principe est simple : chaque senior est mis en binôme avec un junior - un « buddy » comme on l’appelle chez Hays en Belgique -, chacun des deux partenaires faisant profiter l’autre de son expérience.  

« Ça peut être par exemple un junior qui est plus à l'aise en IT ou alors en réseaux sociaux, et à l'inverse un senior qui se sent très à l'aise pour tout ce qui a trait au commercial, explique Nathalie Alhadeff, la directrice. Ils vont partager leurs connaissances mais aussi leur énergie. Les Millennials apportent leur fraîcheur, une certaine curiosité qu’on peut parfois perdre avec les années. » 

Du sur-mesure 

À la clé pour l’entreprise : des économies en termes de formation continue ? Pas vraiment, en tout cas pas chez Hays, où les sessions de formation classiques restent en place. Le coaching inversé permet une mise en pratique, plus concrète et moins formelle que les canaux traditionnels.  

Et surtout, c’est du sur-mesure. Le binôme n’est tenu à aucun programme. Le dirigeant coaché est libre de poser toutes les questions qui lui passent par la tête. Y compris celles qu’il n’aurait peut-être pas osé poser en stage ou en séminaire de formation. Seule condition : accepter que la jeunesse a, elle aussi, sa pierre à apporter à l'édifice.

Un coaching win-win 

Au final, tout le monde s’y retrouve. Les dirigeants se familiarisent avec les outils numériques (réseaux sociaux, big data, etc.) mais aussi avec les modes d’organisation modernes (hiérarchie horizontale, management participatif, etc.). Quant aux mentors, ils soignent leur réseau et leur image, et se voient attribuer un rôle significatif dans l’entreprise. 

« Les Millennials ont envie d'avoir des responsabilités, ils sont contents quand ils sentent qu'ils peuvent apporter quelque chose à l'organisation, insiste Nathalie Alhadeff. Ça leur donne une valeur et j'espère que ça leur permet de se projeter un peu plus longtemps dans l'entreprise. »  C’est bien possible, surtout que le reverse mentoring engendre aussi une certaine cohésion dans le groupe. De quoi peut-être dissuader les jeunes recrues d’aller voir ailleurs. 

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