J’aurais pas dû... « oublier de déposer ma marque ! »

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Il y aura bientôt deux ans, Alexandre fut l’un des premiers à utiliser le nouveau statut d'étudiant entrepreneur en Belgique. Ce statut permet de créer son entreprise tout en étudiant, sous un régime de sécurité sociale avantageux et avec, dans certaines conditions, le maintien des droits en soins de santé d'une personne à charge.  

Le choix d’une marque, loin d'être anodin 

L'idée d'Alexandre est simple : nettoyer des chaussures, les rendre belles, leur donner un aspect neuf mais aussi les recolorer ou les customiser en fonction des désirs du client. La consommation durable et la personnalisation sont à la mode. Au lieu de jeter vos vieilles chaussures, Alexandre propose de leur donner une seconde vie. C'est comme ça qu'est venu le nom «  Shoes on top  » qui s'affiche en vitrine de sa première boutique située près de la place Dailly à Schaerbeek.  

Si la marque a été facile à trouver, Alexandre reconnaît aujourd'hui qu'il aurait dû mieux réfléchir à cet aspect et déposer son nom immédiatement : « ne pas déposer le nom m'a réservé une mauvaise surprise ensuite. Un an après le lancement, d'anciennes connaissances qui connaissaient mon projet, m'ont proposé d'ouvrir une deuxième boutique. » Sage et réfléchi, Alexandre refuse cette proposition, considérant qu'il est trop tôt et que son premier magasin n'a pas encore fait ses preuves, qu'il doit d'abord acquérir de l'expérience et développer sa relation client.  

« La marque Apple n'aurait jamais pu vendre des pommes » 

C'est plus tard qu'il fera une amère découverte. Ses connaissances ont introduit une demande pour déposer sa propre marque à sa place. « J'avais déjà voulu le faire mais l'administration m'avait dit que ça ne passerait pas. Les conditions sont assez strictes. 'Shoes On Top' était trop explicite, cela renvoyait à une chaussure et on ne peut pas s'accaparer un nom aussi courant, sauf s'il ne désigne pas directement le produit ou service. 'Apple' n'aurait jamais pu vendre des pommes ! »  

Toutefois, il est possible de déposer un nom associé à un logo ou à une ligne graphique qui le distingue. Cette histoire aura toutefois généré son lot de stress, en plus de lui coûter plusieurs centaines d'euros en frais d'avocat : « j'ai mis en demeure mes potentiels concurrents mais finalement, ils n'ont pas pu déposer la marque non plus, pour les mêmes raisons; et n'ont donc jamais lancé leur boutique. Je pense qu'ils voulaient surtout m'embêter ou me forcer à collaborer avec eux. »  

En attendant, Alexandre poursuit son aventure entrepreneuriale, pas à pas. « Ce n'est pas donné à tout le monde. Les gens pensent que quand on facture 20 euros, on met 20 euros en poche. Ce n'est pas aussi simple. » Son conseil pour les futurs candidats étudiants-entrepreneurs  : « pour choisir sa marque, il faut penser aux réseaux sociaux bien sûr, mais ne pas oublier le dépôt, bien se renseigner auprès de l'Office Benelux de la Propriété Intellectuelle ou même demander conseil à un avocat au préalable. La marque est un aspect important à ne pas négliger. » 

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