Photographe de voyage, job le plus cool au monde ?

Photographe de voyage, job le plus cool au monde ?

Avec plus de 450 000 abonnés, Johan, alias Lebackpacker, est devenu le photographe belge le plus suivi sur Instagram. Au-delà de l’étiquette d’influenceur, itinéraire d’un passionné.

Après tes études, tu prends ton sac à dos et tu t’envoles pour l’Australie. À force de persévérance, tes clichés se retrouvent dans National Geographic, BuzzFeed et le DailyMail…

La vérité, c’est que je n’avais aucun plan. J’étais jeune et j’avais juste envie d’explorer ce magnifique pays, le plus longtemps possible et à moindres frais, et assouvir ma passion pour la photo. En tant qu’autodidacte, j’ai très vite compris qu’il fallait se débrouiller, frapper aux portes et saisir ses chances. C’est ce que j’ai fait…

Tu enchaînes avec la Nouvelle-Zélande, où tu te professionnalises progressivement, en travaillant entre autres avec l’office du tourisme de la ville de Wanaka. Une ascension fulgurante que tu dois en partie à Instagram. Quel rôle ont joué les réseaux sociaux ?

Dès le départ, j’ai commencé à partager mes clichés sur Instagram. Le phénomène en était à ses balbutiements, mais la sauce a pris et le nombre d’abonnés a rapidement explosé. Cela m’a ouvert des portes, puisque des marques se sont aussi intéressées à mon travail. Des contrats de sponsoring ont suivi, par exemple avec une marque de voitures. C’est grâce à ces partenariats que j’ai pu réaliser d’autres projets d’envergure, tels que Peaks of Europe (NDLR une traversée de l’Europe qui a donné naissance à l’ouvrage du même nom), au cours duquel j’ai pu compter sur un 4x4 mis à ma disposition.

Photographe_de_voyage©Johan Lolos

Avec plus de 450 000 abonnés, comment vis-tu l’étiquette « d’influenceur » ?

C’est une réalité, mais c’est parfois réducteur. Je suis avant tout un photographe qui partage du contenu sur Instagram. Je n’utilise pas mon image personnelle pour guider mes followers. C’est un outil de communication comme un autre, qui exige d’ailleurs une bonne dose de travail et de créativité. Lorsque j’ai commencé à publier des stories quotidiennes sur le parcours de Peaks of Europe, l’approche était plutôt innovante pour l’époque. Ce carnet de route a rencontré un tel succès que cela m’a servi de base pour la création de mon livre. Mais le créneau « photo de voyage » sur Instagram est clairement saturé ! L’impression parfois que tout a déjà été fait…

On parle rarement des coulisses du métier… Quels sont les aspects moins « agréables » ?

Justement cette pression constante de devoir créer. D’être meilleur que la veille, dans un milieu extrêmement compétitif. C’est parfois usant ! C’est d’ailleurs pour cette raison que j’ai fait une pause « réseaux sociaux » en 2018, histoire de renouveler l’inspiration. C’est valable pour tout indépendant, mais on ne peut jamais se reposer sur ses lauriers et l’on doit parfois accepter des projets moins cool. Au-delà de ces aspects, ce que personne ne voit ce sont les heures interminables de postproduction (NDLR quatre mois pour Peaks of Europe), les semaines et les mois pour ficeler un projet ou encore les efforts pour nouer des partenariats. Il faut sans cesse convaincre les sponsors d’embarquer dans l’aventure. Ce sont parfois des centaines d’e-mails envoyés pour… une réponse positive.

Aux yeux de certains, être payé pour voyager, c’est le job le plus cool du monde…

Cela reste un boulot, avec des contraintes. Quand on doit se lever aux aurores plusieurs nuits d’affilée pour capter la meilleure lumière ou marcher des heures pour atteindre un sommet, ce ne sont pas des vacances ! Mais je ne m’en plains pas une seconde… Au contraire : j’adore mon métier !

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