Open space : la déchéance d’une fausse bonne idée

Open space : la déchéance d’une fausse bonne idée

Il est 16h, vous avez un dossier important à clôturer mais impossible d’avancer. Deux de vos collègues discutent à haute voix de leur week-end, des téléphones sonnent sans cesse, le cliquetis des claviers et les mouvements autour de vous sont incessants… Vous vous reconnaissez ? Alors vous travaillez sûrement dans un open space. Pourtant, ce mode d’organisation était promis à un bel avenir. Alors pourquoi est-t-il devenu si impopulaire ?  

Nés dans les années 50 aux Etats-Unis et arrivés chez nous dans les années 80, les open spaces ont rapidement été adoptés par les grandes entreprises. Pour des raisons économiques tout d’abord, cette organisation permettant d’augmenter drastiquement la densité d’occupation. Mais le but était aussi de supprimer les barrières entre les travailleurs, de permettre une meilleure communication et d’atténuer les liens hiérarchiques. Bilan ? 

Un agencement qui ne tient pas ses promesses 

Une étude menée par Ipsos sur 10 500 salariés en 2014 a montré qu’un salarié perd en moyenne 86 minutes chaque jour à cause des interruptions liées à l’open space. Les conversations de collègues qui ne sont pas en lien avec le travail, le bruit constant… provoquent une augmentation du stress et une baisse de la productivité. Une étude de Pejtersen met en évidence une autre conséquence néfaste : l’open space augmente l’absentéisme. Ceux qui y travaillent entourés de plus de plus de six personnes auraient en moyenne, par an, un nombre de jours d’arrêt maladie 62% plus élevé que ceux qui travaillent dans un bureau. 

Il arrive également que plusieurs départements soient rassemblés au sein d’un même plateau. Certains ayant besoin de calme et de concentration, d’autres d’interagir et d’être actifs. Une hétérogénéité des profils qui devient vite problématique.  

Quelles alternatives ? 

Boules Quies et musique classique dans les oreilles peuvent aider certains à s’isoler. Mais souvent, ça ne suffit pas.  
Certains open space ont aménagé des coins de repos et de concentration pour leurs travailleurs. D’autres encore pratiquent le « flex office ». Le principe ? Aucun bureau n’est attribué. Tous les matins, premier arrivé, premier servi. Cela permet aux plus matinaux de choisir la place qui leur convient le mieux, ou de changer pour éviter la routine. Il existe également des alternatives comme le télétravail ou le coworking qui connaissent un succès grandissant. Mais elles aussi ont leur lot de points négatifs si l’on en abuse : manque de relations sociales avec les collègues, manque de communication, risque de burn-out... 

Pour Laëtitia Vitaud, auteure et conférencière sur l’avenir du travail, il faut réapprendre à travailler, profiter de chaque formule et les combiner. Open space, flex office, télétravail et espaces virtuels (Slack, Google Drive, Skype…). « Il n’y a pas UN mais DES bureaux du futur »

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