Les trottinettes électriques, moins écolo qu’on le pense

Les trottinettes électriques, moins écolo qu’on le pense

Vous pensiez œuvrer pour l’environnement en chevauchant une trottinette électrique en sortant du métro ? Pas étonnant. Après tout, c’est un des arguments marketing mis en avant par les loueurs de deux-roues du genre. 

Des promesses non-tenues 

Sur son site Internet, Bird vous invite à « dépasser les voitures tout en réduisant votre empreinte carbone un trajet à la fois ». Quant à Lime, c’est encore plus ambitieux. Là, on vous promet que vous vous déplacerez dans votre ville « de manière économique et pratique, tout en éliminant [votre] empreinte carbone »... exactement comme Troty. Au mot près. 

Pourtant, si l’on en croit une étude publiée il y a quelques jours par l’Université de Caroline du Nord, les émissions de CO2 d’une trottinette électrique en accès libre sont loin d’être négligeables. Par kilomètre parcouru par passager, elles seraient même plus importantes que celle d’un grand bus roulant au diesel, d’une mobylette électrique, ou d’un vélo électrique. Car l’empreinte carbone ne se limite pas à l’utilisation qui est faite de ces petits bolides. L’énergie dépensée pour leur fabrication, leur livraison, leur collecte, leur rechargement, et leur traitement en fin de vie entre aussi en jeu.   

Le poids de la collecte 

D’après les auteurs de l’étude, l’électricité utilisée pour charger les trottinettes représente une très faible part de cette énergie. Sans surprise, c’est surtout l’extraction des matières premières et le processus de fabrication qui génèrent le plus d’émissions. Mais un autre facteur, souvent oublié, rend aussi ce moyen de transport moins vert qu’on le pense : la pollution générée par les véhicules chargés de collecter ces deux-roues. Pour les emmener sur leur lieu de rechargement tout d’abord, puis pour les redispatcher à travers la ville. 

Evidemment, d’un lieu à l’autre, le calcul varie. Certaines villes exigent par exemple une collecte journalière des trottinettes, alors que d’autres n’imposent aucune règle en la matière. Autre variable : la durée de vie des trottinettes. Plus celle-ci est élevée, moins il faut les remplacer évidemment. En moyenne cependant, entre les trottinettes jetées à l’eau ou du haut d’un immeuble, celles brûlées ou volées, etc., cette durée s’avère très courte. 28,8 jours d’après une étude menée par Quartz aux Etats-Unis.  

Les solutions pour faire mieux 

Certaines sociétés de location prennent la mesure de ces problèmes environnementaux. Lime par exemple affirme recharger l’entièreté de sa flotte avec de l’énergie renouvelable et soutenir des projets écolo pour compenser ses émissions de CO2. Mais ce ne sont pas les seules possibilités comme le soulignent les chercheurs de l’Université de Caroline du Nord. 

Utiliser des véhicules électriques ou à faibles émissions pour collecter les trottinettes peut faire la différence. Tout comme le fait de rapprocher les centres de rechargement de la zone de location, de ne collecter que les deux-roues déchargés, ou d’utiliser plus de matériaux recyclés lors de la fabrication. En fait, l’empreinte carbone de ces bolides dépend largement de la manière dont ils sont fabriqués, de leur durée de vie et... de ce qu’ils remplacent. Deux études américaines - l’une réalisée par une ville de l’Oregon, l’autre par Lime lui-même - arrivent à la même conclusion : les trottinettes ne sont une alternative à la voiture que pour un tiers des utilisateurs. Sans elles, les deux autres tiers auraient pris les transports en commun, leur vélo, ou seraient même allés à pied.  

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