Franky Zapata : l’inventeur fantasque qui avait plus d’un tour dans sa Manche

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Franky Zapata. Impossible de passer à côté de son nom. Surtout depuis son apparition au défilé du 14 juillet, à Paris. Plus récemment encore, ce quarantenaire originaire du sud de la France a fait impression en traversant la Manche avec sa plateforme, le FlyBoard Air. Défi relevé en date du 4 août, après un premier échec.  

Une prouesse réalisée 110 ans après celle de Louis Blériot, premier aviateur qui réalisa la même traversée. Mais comment réaliser un rêve de gosse aussi ambitieux quand on est dyslexique, daltonien et qu’on quitte les bancs de l’école à 16 ans ? Tout commence en 2011, lorsque le sportif devient entrepreneur.  

L'entreprenariat en héritage  

L’entreprenariat, Francky Zapata, l’a dans les veines. Son père avait lui-même créé sa société dans les travaux publics. Mais avant de se lancer lui-même, il a d’abord collectionné les titres. Plusieurs fois champion d’Europe et champion du monde de jet-ski, le Marseillais finit par raccrocher pour se concentrer sur sa passion : l’eau et la vitesse.  

Il monte sa société de jet-ski mais la concurrence est rude. Ce qu’il lui faut, c’est une spécialité : c'est là que naît le FlyBoard à eau, un engin novateur qui deviendra plus tard le petit frère de sa plateforme volante. Le produit connait un succès viral sur le net, mais Franky Zapata ne compte pas s’arrêter là.  

« Créer, innover, sans jamais baisser les bras »  

« Nous réalisons le rêve de l’Homme, […] se déplacer dans les airs grâce à une planche volante totalement autonome », avance l’entrepreneur. Sans aucune formation en la matière, c’est à force de ténacité et d’abnégation que Franky Zapata parvient à créer ses engins. Autodidacte, il a tout appris sur internet, en faisant des recherches Google.  

« Il est comme ça, il ne s’arrêtera jamais », expliquait son épouse Krystel dimanche dernier. Et côté finances, ce sont surtout les ventes de jet-skis et de FlyBoard aquatiques qui ont pu remplir un peu les caisses. Avant que l’armée française ne vienne y mettre son grain de sel, accompagné d’un petit chèque d’1,3 million d’euros. Aujourd’hui, son entreprise Z-Air emploie 12 personnes. 

A force de persévérance 

Pour comprendre un peu le phénomène Zapata et découvrir comment il a réussi là où d’autres ont échoué - même de grosses organisations -, il faut d’abord cerner le personnage. Pour Xavier Tytelman, ancien aviateur militaire et spécialiste en aéronautique, « Si Zapata était milliardaire comme Elon Musk, il verrait beaucoup plus grand et ferait des choses incroyables. Aujourd'hui même si ce n’est pas le cas, il va très très loin dans ce qu’il fait et il ne lâche jamais. Il a juste son bon sens d’un gars qui travaille dans son atelier. C’est impressionnant pour quelqu'un à qui on a mis beaucoup de bâtons dans les roues ».  

Et c’est peut-être là, finalement, que réside l’ingrédient secret de Zapata : « parce qu’il est intuitif et à force de persévérance, il arrive à faire des systèmes simples et performants. Peut-être que dans 20, 30 ans, on ira chercher le pain de cette manière-là ». Pourquoi pas, mais en attendant, il lui reste encore du pain sur la planche. Pour améliorer la performance énergétique de son engin par exemple.  

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