Cette start-up veut faire économiser 100 milliards de litres d'eau d'ici 2021

Cette start-up veut faire économiser 100 milliards de litres d'eau d'ici 2021

Après avoir récolté 450.000 euros en 2017, puis à nouveau en 2018, Shayp prépare une nouvelle levée de fonds pour le début 2020. Son ambition : exporter son détecteur de fuites à l’étranger. Placé à proximité d’un compteur d’eau, le boîtier connecté permet de monitorer la consommation du propriétaire et de l’alerter en cas d’anomalie. Rencontre avec Grégoire de Hemptinne, l’un des trois cofondateurs de la start-up bruxelloise. 

Pourquoi avoir choisi ce secteur d’activité ? 

Dans le domaine des objets connectés, il y a beaucoup de choses qui se font. Il y a des sociétés qui décident de créer des objets connectés dans plein d'industries différentes. Nous, notre objectif c'est d’avoir un impact sociétal, donc on a créé un objet connecté unique dans l'idée d'épargner l'eau.  

Pourquoi l'eau ? Son prix a été multiplié par 3 en 10 ans. On a cherché une alternative sur le marché pour monitorer l'eau, mais on n'a rien trouvé de simple et abordable. Réduire la consommation d'eau a non seulement un impact pour le consommateur final puisque l'eau est chère, mais également pour les assurances parce que ça permet de réduire les dégâts des eaux, et enfin ça a un impact environnemental clair puisque l'eau est une ressource essentielle. 

Pourquoi avoir démarré votre activité en vendant uniquement aux professionnels (BtoB) ? 

En tant que start-up, la clé c’est de savoir comment on peut grandir rapidement et soutenir sa trésorerie. L'avantage avec le BtoB, c'est que les clients ont beaucoup de bâtiments en portefeuille. Avec un seul interlocuteur, on peut directement avoir un contrat de plusieurs milliers d'euros. Ça nous demande moins d'efforts pour plus de rentrées. Ça permet aussi de roder le processus de vente. Au début, c'est essentiel pour une start-up parce qu'on n’a pas encore de vrai process. 

Nous ne sommes pas contre l’idée de faire du BtoC, mais notre stratégie de commercialisation passera par les assurances. Elles ont déjà des contrats d'assurance habitation dans la majorité des bâtiments et sont évidemment intéressées de complémenter leur offre avec des outils comme celui-ci, qui leur permettent de réduire le risque de dégâts des eaux. Ça se fait déjà avec des assurances incendie combinées à une alarme incendie par exemple. Evidemment, on est aussi ouverts à des partenariats avec des sociétés qui font de la gestion immobilière, comme par exemple les copropriétés ou les syndics. Ils pourraient aussi être des canaux de distribution pour nous. 

Shayp a tout juste 2 ans. Quelles sont les étapes à venir ? 

On reste dans le BtoB. Nous, on vend aux assurances qui vendent à leur tour à leurs clients. On a déjà des accords avec plusieurs d’entre elles mais plutôt pour des pilotes. On parle vraiment de très gros contrats, donc on fait le déploiement par étape. Là, on est plutôt à la première étape : on équipe un certain nombre de leurs bâtiments puis, petit à petit, on déploie la solution. 

Pour les gros propriétaires immobiliers, on va continuer à les approcher en direct parce qu’on ne vend pas exactement le même produit. C'est une sorte de software très complet pour gérer des bâtiments, les fuites, les interventions donc il y a des équipes de plombiers, etc. Le software qu'on va vendre via les assurances, lui, est assez basique. Il va permettre de monitorer sa consommation et d'avoir une alerte en cas de fuite. 

Où en êtes-vous de votre développement aujourd’hui ? 

En 2018, on a fait beaucoup de recherche-développement, on a fait les premiers prototypes, et puis on a commencé à vendre les premiers produits. C'était vraiment le tout début, nos acheteurs donnaient du feed-back très régulièrement parce qu’il fallait qu'on apprenne de notre expérience. En 2019, on y est allé plus franchement du côté des grands propriétaires immobiliers.  

Parallèlement, les discussions avec les assurances ont débuté mais ça prend énormément de temps. Entre le premier contact et les premières décisions, on parle souvent de 6 mois, voire ensuite jusqu'à 2 ans que toutes les phases soient bouclées. En attendant, on a donc converti plusieurs gros clients comme des villes, des écoles, des hôpitaux, etc.  

Vous ambitionnez de grandir à l’international ? 

On aura vraiment prouvé la fiabilité du produit au niveau du marché belge donc on veut vraiment croître au niveau international. Mais comme c'est assez intensif au niveau trésorerie, on a besoin d'amener du cash dans l'entreprise. On va donc faire une nouvelle levée de capital, qui aurait lieu au premier trimestre de l'année prochaine. Plutôt des fonds d'investissement mais on a aussi postulé pour des bourses européennes en R&D. Ça nous permettrait d'avoir une diversité d’acteurs, des VC (venture capital) et des investisseurs publics ou des fonds publics. 

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