Digital Labour, les petites mains malléables du digital

Digital Labour, les petites mains malléables du digital

Vérifier les balises d’un site, renommer ou télécharger des fichiers photos, ou encore voter pour des vidéos ou créer des comptes en ligne… voilà ce qu’on appelle le micro-travail, ou Digital Labour. Des missions payées généralement à la tâche, à un tarif dérisoire entre 10 et 50 centimes de dollars. Plusieurs plateformes en ligne proposent ce genre de services comme MTurk, microWorkers, Clickworker ou RapidWorkers. Ce dernier proposant par exemple de remplir un formulaire pour $1.50 ou de créer un compte Gmail pour $0.13. Des tâches qui s’effectuent en quelques minutes à peine dans tous les cas.

Une vision et un objectif a priori positifs

La plupart des plateformes proposent ainsi un travail facile, accessible, et à la portée de tous. Il suffit de s’inscrire, de travailler et d’être payé. Tout le monde est le bienvenu, sans discrimination. Il faut tout juste pouvoir parler la langue pour pouvoir toucher un salaire, ou plutôt un complément de revenu. Des tâches externalisées, également appelées crowdsourcing. Du côté des « employeurs », ils ont à disposition une main d’œuvre énorme, variée, disponible 24h/24 et 7j/7 et surtout, bon marché. Des jobs pourtant précaires qui n’offrent aucune couverture sociale. Et qui demandent un grand investissement de temps.

Des tâches répétitives et avilissantes

Car dans les faits, il faut pouvoir accumuler un nombre de tâches incalculables pour toucher un revenu décent, sans compter ses heures. Une étude de l’institut américain Pew Research Center sur MTurk, une plateforme de crowdsourcing créée par Amazon, montre ainsi que la moitié des personnes interrogées gagne moins de cinq dollars (4,24 euros au taux actuel) par heure, quand le salaire moyen aux USA dépasse les 7 dollars. À 4,99 dollars de l’heure, un « Turker », le nom donné à ceux travaillant sur la plateforme, gagnerait à peine 10.000 dollars par an (+/- 8500 euros)… à condition de travailler 40 heures semaines et 52 semaines sur l’année !

Isahit, le crowdsourcing socialement responsable

Parmi la grisaille se trouve également un éclair nommé Isahit, une plateforme de crowdsourcing pas comme les autres. Socialement responsable, elle permet principalement à des jeunes femmes africaines, socialement et économiquement défavorisées, d’effectuer ce genre de tâches digitales, à un meilleur tarif bien entendu, commençant à deux euros. Des femmes qui, grâce à ce complément de revenu, pourront mener à bien leurs projets de vie et professionnels et développer l’économie dans leur pays. Et ainsi enrayer la pauvreté. « Donner du travail, avoir du travail, et se développer ensemble », voilà le motto d’Isabelle Mashola, CEO d’Isahit, dans une vidéo de présentation. Mais pour un Isahit, combien de MTurk ?

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