Du feedback à tout prix mais pas n’importe comment

Du feedback à tout prix mais pas n’importe comment

L’angoisse qui monte à l’approche de l’entretien annuel d’évaluation, ce n’est pas pour eux. Au contraire, du feedback, les 25-35 ans, ne demandent que ça, et surtout pas qu’une fois par an. C’est même une des attentes principales de ces salariés vis-à-vis de leur employeur. “ La génération X n’avait pas cette revendication même si elle en ressentait aussi le besoin, explique Alessandra Cool, senior consultante chez Quintessence. La génération actuelle a une capacité à communiquer plus directe, à pouvoir exprimer ses besoins et ses exigences, et donc a fait part très tôt de ce besoin de feedback.”

Alors comment expliquer ce cliché selon lequel les Millennials n’accepteraient pas les critiques ? La consultante a sa petite idée sur la question : “le problème, c’est qu’on ne leur donne pas de feedback. Ils sont souvent face à une hiérarchie qui n’a pas le courage de le donner par peur du conflit, ou alors qui ne sait pas comment le communiquer, et alors ils sont frustrés.” Autre point important selon elle, les temps ont changé. Feedback n’est plus systématiquement synonyme de critique négative. La jeune génération a été habituée à recevoir aussi des bons points à la maison et à l’école. Elle s’attend donc à ce que cela se poursuive sur son lieu de travail. “La génération Millennials, c’est une génération qui a envie d’être valorisée, qui a envie de savoir ce qui va et ce qui ne va pas, et il faut que ce soit fait rapidement. Le bon moment, c’est quand le problème se pose”, poursuit-elle.



Réunion officielle, rencontre informelle, ou même réseaux sociaux, le canal importe peu. Ce qui compte, c’est que les critiques, en particulier les critiques négatives, soient constructives et instructives. En clair, qu’elles permettent aux salariés dans le brouillard de grandir et de retrouver leur chemin. Le bon feedback communique des faits, fournit des explications, et laisse la place à la discussion. “ Il faut prendre le temps. Le jeune veut avoir du sens donc il a besoin qu’on communique, de manière claire et respectueuse, qu’il y ait une relation d’égal à égal. Il veut aussi avoir le droit de communiquer son feedback à ses supérieurs. C’est ça qui est compliqué à gérer surtout pour le management”, conclut Alessandra Cool.

Avec l’arrivée de ces jeunes aux postes de management cependant, l'exercice devient progressivement plus facile et systématique. Les anciennes générations, quant à elles, reçoivent des formations pour s’adapter à ces changements. Les entreprises n’ont pas le choix. Elles savent que c’est à ce prix que leurs salariés se montreront motivés et efficaces, et que sans ça, ils risquent bien d’aller voir ailleurs si l’herbe n’est pas plus verte.

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