Nouveaux espaces, nouvelles relations ?

Nouveaux espaces, nouvelles relations ?

Nombreuses sont les entreprises qui ont modifié l’aménagement de leurs bureaux. Ces changements s’articulent autour de la notion d’activité inhérente à l’Activity Based Mangement apparu dans les années 70 déjà. Les bureaux sont alors définis en termes d’espaces dédiés : espaces de travail individuel, espaces de réunions équipés pour permettre la participation en présentiel comme à distance, espaces de convivialité… Les maitres-mots en sont la flexibilité et la collaboration considérées comme indispensables à la nécessaire capacité d’adaptation (voir d’anticipation) de l’entreprise aux évolutions de son environnement. En parallèle au développement des pratiques de télétravail et de coworking, ces aménagements des espaces de travail entendent répondre aux attentes des travailleurs, et en particulier des jeunes générations.

Au-delà de l’aspect tangible, physique des choses que notre regard saisit rapidement, ces aménagements de bureaux peuvent être appréhendés comme des techniques managériales dont il convient de questionner tant la philosophie que la conception de l’Homme au travail qui les sous-tendent. En effet, l’espace de travail est porteur de sens et ses aménagements reflètent leur rôle dans l’organisation du travail et les relations qui s’y développent. Dans cette perspective, la flexibilité peut être associée à l’équilibre vie privée-vie professionnelle et la collaboration à la nécessaire cohésion des équipes de travail. S’il apparait que rares sont les situations où ce sont les travailleurs qui sont à l’initiatives de ces transformations, les principes de justifications qui les accompagnent pointent ces attentes mais aussi bien sûr les gains en termes de coûts de structure.

Une des questions qui se pose alors est de savoir si ces aménagements permettent, voire favorisent, le développement de nouvelles relations au travail, entre collègues comme avec la hiérarchie, et répondent aux attentes en termes d’environnement de travail dit capacitant. Ces nouveaux espaces se veulent en effet ouverts et transparents (finis les bureaux individuels et les portes fermées), a priori favorables aux échanges entre tous, sans plus de distinction de rang hiérarchique ou de métier. Les relations qui s’y développent sont-elles pour autant plus égalitaires ou plus justes, plus épanouissantes et dès lors productives ?

Nous manquons certes de recul pour pouvoir répondre à cette question en l’état actuel des choses mais elle n’en demeure pas moins pertinente d’autant plus au regard de ce qui a été identifié comme les attentes des jeunes générations quant au monde du travail. Se limiter à penser que « l’intendance suivra » en matière d’aménagement des bureaux serait en l’occurrence nier la nature profondément humaine du travail.

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