Le vélo électrique à l’épreuve de la (grande) ville

Le vélo électrique à l’épreuve de la (grande) ville

La question la plus évidente, lorsqu'il s'agit de considérer l'achat d'un vélo électrique, est la suivante : qu'est-ce que cela change au quotidien, par rapport à un vélo classique ? La réponse tient dans le premier coup de pédale, durant la phase de démarrage, où l'assistance intelligente permet de devancer l'effort pour qu'il soit minimisé. Déroutant les premières minutes, mais ensuite particulièrement jouissif (et surtout utile).  

J'ai testé le vélo dans différents quartiers de Bruxelles, une région loin d'être plate. Les routes en pente représentent un obstacle moins important, mais il ne s'agit pas non plus d'un vélomoteur. Dans les montées, attendez-vous à devoir fournir un effort, parfois sportif, pour maintenir une vitesse soutenue.  

Du bon et du moins bon 

Faute de stabilisation, les pavés des villes sont un véritable cauchemar. Au point qu’on se surprend, de temps en temps, à préférer les trottoirs. Le guidon droit peut représenter une source de fatigue (voire de douleur), dans un trajet prolongé sur une route endommagée (inutile de faire un dessin). Solution : lui préférer un guidon plus ergonomique.  

Dans des conditions de route favorables, le Cowboy s'avère un délicat compagnon de route, par un savant mélange de design malin, d'assistance intelligente et de connectivité. On roule avec plaisir et une certaine décontraction, notamment pour se rendre au travail ou à un rendez-vous. Le fait d'avoir préféré les deux-roues fait son effet (et crée un mouvement). 

Très agréable également, le hors-piste, où l'application vous autorise à passer des 25 km/h réglementaires à 30 km/h. Ne jouez toutefois pas avec le feu, surtout si ça glisse. Pas non plus question d'aller faire un tour « à la VTT » en forêt sans risquer d'endommager le vélo, qui reste un modèle objectivement urbain.  

Enfin, dernier détail amusant : le design du Cowboy attire le regard (envieux, curieux), notamment de certains automobilistes.  

Le Cowboy à Bruxelles : une sacrée expérience 

Je tiens à préciser que le test du Cowboy a été mené dans la capitale et dans le Brabant, pour une question de facilité géographique. Ma première rencontre avec le vélo s'est déroulée dans les locaux de l'entreprise, rue de la Régence à Bruxelles. Le baptême du feu fut immédiat. Outre les pavés, il a fallu affronter l'Avenue Louise pour rejoindre le Bois de la Cambre. La piste cyclable y est majoritairement réduite à... des marquages au sol.  

Je suis un automobiliste très à l'affût des usagers faibles et surtout très calme. Force est de constater qu'une fois à vélo, la réalité est moins fair-play. En moins de 2 km, une succession d'absence d'attention, de doubles files (y compris une voiture de police) sur la « piste cyclable » et d'autres comportements hostiles de la part des automobilistes (accélérations, frôlements, voire dépassements hasardeux), mais aussi de trottinettes (qui semblent jouir d'une drôle d'immunité).   

Une fois le Bois de la Cambre rejoint, soulagement total, notamment celui de pouvoir emprunter des pistes plus isolées, donc plus sûres. Une satisfaction également ressentie lors d'un déplacement vers La Hulpe en passant par Groenendael. Aux heures de pointe, fait amusant : on roule parfois beaucoup plus rapidement que les voitures. C'est loin d'être le cas sur certains axes de la capitale, où le cycliste se retrouve dans l'arène de la circulation, moins isolé.   

Encore des progrès à faire  

Favoriser la mobilité douce est une saine idée, mais nous peinons visiblement à dignement hériter de l'expérience de nos voisins du Nord (Pays-Bas, Danemark). En cause ? Plusieurs facteurs. D'abord, une absence de cohérence dans la mise en place de pistes clairement identifiées (et isolées !), qui rend la pratique du vélo tantôt agréable, tantôt franchement risquée, en fonction des quartiers. Des automobilistes peu conscientisés. Enfin, une infinité de comportements tantôt dangereux, tantôt inconscients. Ce qu'il faudrait ? Conscientisation, cohérence, respect du code, pistes autonomes.  

Car oui, après une dizaine de jours de compagnonnage avec le Cowboy, la tentation est forte et le constat implacable : une grande partie de nos trajets urbains sont envisageables à vélo. Et si la région bruxelloise présente un relief loin d’être plat, le vélo électrique, personnel ou partagé, y est sans doute la solution la plus adaptée. Une solution finalement plus sportive qu’on ne pourrait l’imaginer. 

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