J’aurais pas dû… « sous-estimer la Belgique ! » 

J’aurais pas dû…  « sous-estimer la Belgique ! » 

Il y a quatre ans, Roger Tilmans, ingénieur civil en électromécanique de l’ULB, partait pour le Chili avec une folle envie d’entreprendre et de vivre à l’étranger. Sa passion l’a amèné à devenir pionnier des services de design et d’impression 3D dans ce pays en plein boom économique. Pourtant, il rentre bientôt en Belgique, qu’il voit d’un regard neuf et plus positif, changé par cette expérience internationale. 

Le Chili, par amour 

A la fin de ses études, Roger avait déjà envie de créer son entreprise, avec un instinct lui dictant de quitter son pays, qu’il voyait à l’époque de façon un peu noire, en particulier pour son climat entrepreneurial : « j’avais une mauvaise image de la Belgique. Je la voyais comme très bureaucratique, avec beaucoup de régulations, des permis pour tout et trop d’impôts aussi. »  

L’amour passe par là. Une rencontre bruxelloise l’emmène à Santiago du Chili, où il va d’abord travailler comme chercheur dans une université. Roger n’a pas encore d’idée précise pour entreprendre mais très vite, sa passion pour la construction d’imprimante 3D lui revient. Il démissionne et crée sa boîte tout seul, en travaillant chez lui. Quelques mois plus tard, il s’installe dans un espace de coworking. Une décision qui va tout accélérer : « c’est là que ça a décollé. Le fait d’être en contact avec plein de gens, ça aide beaucoup. On t’apporte de nouvelles idées ou des compétences que tu n’as pas, ça t’apporte de la visibilité et donc de nouveaux clients ». La croissance est là et sa société R3D recrute un premier stagiaire, puis une employée à temps plein et plus tard, une responsable marketing, un designer et un ingénieur. L’entreprise quitte les locaux privés que l’espace de coworking lui avait attribués, et s’installe dans ses propres bureaux.  

La Belgique, un pays à haut potentiel 

Mais alors pourquoi rentrer en Belgique ? Aujourd’hui, Roger voit les choses différemment. « J’ai appris beaucoup sur mon propre pays en vivant ici, reconnaît-il. Au Chili, c’est très flexible, il y a moins de règles, on peut créer sa boîte en un jour mais j’ai compris pourquoi il y avait autant de régulations en Belgique et que ce n’était pas si mauvais. C’est grâce à cela que la qualité de ses produits est réputée à l’international. »  

La petite taille et la situation du Chili lui font aussi voir tout le potentiel belge : « on a tendance à ne pas s’en rendre compte mais la Belgique a une place unique au cœur de l’Europe, avec des infrastructures de qualité, des autoroutes, des trains, des bateaux, qui la relient à un immense marché européen. Et puis, il y a le haut niveau de qualification des ressources humaines. Les Chiliens travaillent beaucoup, 45 heures par semaine, mais sont parfois moins enclins à optimiser les processus pour gagner en productivité ou sont peut-être moins ouverts à l’innovation. » Quoiqu’il en soit, Roger ne rentre pas au pays avec un sentiment d’échec, au contraire. « Cette expérience a changé ma vision négative de la Belgique. Je sais maintenant que je peux y entreprendre aussi. » 

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