J'aurais pas dû... « attendre autant pour trouver des investisseurs » !

J'aurais pas dû... « attendre autant pour trouver des investisseurs » !

Vous êtes friand d’alimentation saine et durable ou adepte des circuits courts ? Alors, vous connaissez certainement eFarmz, la plateforme d’e-commerce qui vend et livre une large gamme de produits bio et locaux en provenance directe de quatre-vingts producteurs belges. Six ans après le lancement de la start-up, dont le succès est boosté par l’intérêt grandissant pour le climat, sa cofondatrice Muriel Bernard revient sur ce qu’elle aurait peut-être fait autrement : chercher plus vite des investisseurs pour assurer une croissance mieux structurée.

Il faut dire qu’elle a créé eFarmz seule avec une amie, de A à Z, en y risquant ses propres économies. Et le succès l’a vite dépassée : « On a rapidement eu plusieurs centaines de commandes. On faisait tout nous-mêmes sauf la livraison. On aurait dû avoir un site web automatisé mais on n’avait jamais le temps d’y penser, on était constamment le nez dans le guidon. On n’était pas assez sûres de nous. » Muriel Bernard souligne toutefois l’importance de tester son concept avant de chercher un financement : « cela permet de voir comment répond le marché et puis, ça vous donne quelques chiffres à présenter auprès d’investisseurs. Mais cela ne doit durer que quelques mois. C’est même contre-productif d’attendre trop longtemps car les investisseurs ne sont pas habitués à investir dans des projets très avancés. »

« Le dossier de financement permet de structurer votre projet »

Ce n’est qu’après deux ans et avec déjà un million d’euros de chiffre d’affaires qu’elle se lance enfin et prépare dossier pour séduire des investisseurs, avec une aide extérieure. Une expérience en soi qui selon elle aurait été bénéfique plus tôt dans la vie de l’entreprise : « le parcours d’investissement aide à structurer votre projet, vous devez avoir un business plan qui présente bien, ça vous oblige à avoir une vision à long terme, à prendre du recul. On est challengé et ça pousse à se poser des questions auxquelles on n’aurait pas pensé. »

La chance sera au rendez-vous pour eFarmz puisque qu'au même moment un magazine économique réputé la classe parmi les 50 start-up dans lesquelles il faut investir. Cela leur permettra de récolter 315.000 euros pour financer ce qui leur manquait tant : du personnel supplémentaire en marketing et des campagnes de visibilité en ligne pour toucher de nouveaux publics. Une visibilité dans les médias qui a toujours aidé l’entreprise, même dès le début et qui est très rassurante pour les investisseurs.

Aujourd’hui, eFarmz continue de croître dans un marché où les préoccupations climatiques dopent le secteur. Et Muriel Bernard s’est mise, en parallèle, à accompagner de jeunes entrepreneur(e)s qui veulent se lancer, au sein du Réseau Entreprendre Bruxelles. « Mon principal conseil, c’est de ne pas avoir peur de viser haut, d’être optimiste et de parler de votre projet autour de vous. On ne s’en rend pas toujours compte mais il y a de l’argent en Belgique et des gens prêts à investir si votre projet est intéressant et a fait ses preuves ».

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