J'ai rendez-vous dans un incubateur pour étudiants (II)

J'ai rendez-vous dans un incubateur pour étudiants (II)

Chaque équipe de néo-entrepreneurs, dont le projet a été accepté, est prise en charge par un coach. On est ici au cœur de la spécificité de ces incubateurs étudiants. Ces coachs sont soit des experts internes, soit des personnalités issues du monde des affaires qui acceptent de venir prodiguer leurs conseils. Ces derniers sont appelés Entrepreneurs en résidence.

Une structure, un carnet d’adresses et une méthode

Leur rôle est celui d'un parrain. «Une des premières choses qu'ils apportent, c'est de la structure, raconte Sophie Neu de l'Yncubator à Louvain-la-Neuve. Ils canalisent les idées qui, parfois, vont dans tous les sens ; identifient les points faibles ; recentrent les priorités ; fixent un cap.» Leurs conseils sont très appréciés, car ils sont ancrés dans le vécu. C'est l'expérience qui parle. De quoi avancer beaucoup plus rapidement.

Un autre apport de ces coachs consiste en leur carnet d'adresses. Quand un point du projet pose problème, ils peuvent renvoyer à un expert de leurs connaissances. Les incubateurs étudiants travaillent aussi avec des partenaires extérieures : juristes, comptables, financiers, communicants, etc. Ceux-ci peuvent être sollicités sur demande. Au VentureLab de Liège, les étudiants ont droit à 20h de conseils par an. La rétribution se fait via des chèques payés par l'incubateur.

Côté méthode, beaucoup de ces incubateurs travaillent avec le Business Model Canevas. Il s'agit d'un outil qui permet de définir le modèle économique d'une start-up : son activité, ses ressources, ses clients, ses coûts, ses flux de revenus, etc. En tout, il y a neuf cases à remplir sur une feuille. Cela donne une vision globale. En complément, il est conseillé de se frotter le plus vite possible au marché et de procéder par essais-erreurs. C'est la méthode Lean.


Coachs à l'Yncubator de Louvain-la-Neuve

Le principe de la «dette d'honneur»

Ceci étant, combien ça coûte tout cela ? En fait, c'est gratuit ! Ou, plus précisément, quasi gratuit. «Lorsqu'un jeune apprend chez nous, on considère qu'il a une dette d'honneur, poursuit Sophie Neu. Il bénéficie de formations, conseils, relations, qui, au prix du marché, seraient impayables pour lui. Il doit donc s'engager à verser une indemnité si jamais sa start-up parvient à faire des bénéfices.» On parle de 900 euros par personne à l'Yncubator.

Et si le projet ne fonctionne pas ? Ce n'est pas grave... Cela arrive d'ailleurs fréquemment. Le taux d'échec est ici plus élevé que dans les incubateurs classiques. C'est que beaucoup de jeunes se cherchent encore. Certains décrochent. D'autres ont une proposition d'emploi. «Nous avons un rôle d'aiguillon économique mais il n'est pas le seul, clarifie Sophie Joris du VentureLab à Liège. Nous avons aussi un rôle éducatif -qui est d'apprendre aux jeunes à mieux se connaître- et un rôle éducatif -qui est de leur permettre d'expérimenter. Donc, pour nous, le bagage qui leur a été fourni n'est pas perdu.»

 

 

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